Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

C’est beau la vie quand on y pense, le dernier film de Gérard Jugnot

Acteur, scénariste et réalisateur, Gérard Jugnot vient de signer la réalisation d’une très jolie comédie où il interprète le rôle principal aux côtés du jeune et talentueux François Deblock qui joue le rôle de son fils. J’ai rencontré Gérard Jugnot, aux Rencontres du sud où il était venu présenter son film en avant-première aux professionnels du cinéma, au public et à la presse.

 

Gérard Jugnot, qui forma la troupe du Splendide avec Christian Clavier, Thierry Lhermitte et Michel Blanc qu’il avait rencontrés sur les banc du lycée est l’un des acteurs les plus aimés du cinéma français. Immortalisé dans des rôles cultes comme dans les Bronzés, le Père Noël est une ordure, Pinot simple flic, Casque bleu, M. Batignole, il contribua pour une large part au succès des Choristes de Christophe Barratier grâce à son excellente interprétation.
Aussi bon réalisateur qu’acteur, son dernier film, C’est beau la vie quand on y pense est aussi profond que tendre et le spectateur oscille entre le rire et les larmes dans cette comédie aussi drôle qu’émouvante.
Loïc Le Tallec, la soixantaine ne s’est jamais vraiment occupé de son fils. Pilote de rallye, il a mené une vie tumultueuse et débridée sans s’occuper de son fils. Lorsque celui-ci disparaît tragiquement dans un accident de voiture, Loïc est dévasté. Il sombre dans une profonde dépression dont sa compagne incarnée par Isabelle Mergault ne parvient pas à le sortir. Tout d’un coup, germe en lui l’idée de retrouver la personne qui vit désormais avec le cœur transplanté de son fils. Après bien des investigations et grâce à la complicité d’un ami médecin interprété par Yves Lecoq, il retrouve le jeune homme, Hugo, qui grâce au cœur de son fils peut désormais vivre une vie normale comme tous les adolescents de son âge.
Hugo , un peu borderline, prêt à basculer dans la délinquance, trouvera grâce à son père de substitution l’amour et un sens à sa vie. Gérard Jugnot qui ne se considère « pas comme quelqu’un optimiste, mais comme quelqu’un de pessimiste qui se soigne » vient d’écrire un livre autobiographique intitulé Une époque formidable, Mes années Splendid paru chez Grasset. Il y raconte sa rencontre au lycée Pasteur avec l’équipe du Splendid, ses galères, ses échecs, ses doutes, ses amours, ses emmerdes. Tout jeune marié, il vient d’épouser, il y a tout juste un an Patricia Campi et déclare : « C’est la première fois que je me marie et je suis parfaitement heureux car comme le dit l’adage : Mariage plus vieux, mariage heureux ». Ce nouveau film est un retour à l’écran car il n’avait pas tourné depuis 8 ans. « Je ne voulais pas faire un film comme Réparer les vivants de la réalisatrice Katell Quillévéré. J’aborde un sujet grave, mais les gags sont souvent présents pour donner de la légèreté au drame. Un rire salvateur permet aux spectateurs de décompresser lorsque la tension est trop forte. Le sujet est grave car perdre un enfant est insupportable. Dans la langue française, il n’existe même pas de mot qui corresponde à cette tragédie. C’est tellement terrible que par superstition par rapport à mon fils, j’ai d’ailleurs longtemps hésité à faire ce film.  C’est d’ailleurs pour conjurer le mauvais sort que c’est mon fils Arthur qui interprète les gags les plus burlesques du film. »
Une comédie dramatique où l’on oscille entre rires et larmes. Le jeune François Deblock a une justesse de ton remarquable. Gaïa Weiss est lumineuse dans ce rôle qui semble taillé pour elle et Gérard Jugnot est émouvant et parfait comme toujours.

 

Sortie nationale: 12/04/2017


Catherine Merveilleux