Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Carbone, un film policier d’Olivier Marchal avec Depardieu et Magimel

C’est au cinéma du Prado que vient d’avoir lieu l’avant-première du dernier film d’Olivier Marchal, un film policier avec Gérard Depardieu et Benoît Magimel, qui relate le casse du siècle, celui de la taxe carbone.

 

Le synopsis est le suivant : Menacé de perdre son entreprise, Antoine Roca, un homme ordinaire, met au point une arnaque qui deviendra le casse du siècle. Rattrapé par le grand banditisme, il lui faudra faire face aux trahisons, aux meurtres et aux règlements de compte.


Benoît Magimel incarne de manière magistrale Antoine Roca. C’est un personnage fictif, mais l’arnaque a bel et bien existé. Les sommes d’argent détournées atteignent des sommets vertigineux. A savoir 1,6 milliards d’euros en France et 6 milliards pour les pays de l’Union européenne. A l’origine, le principe était noble et soutenait une juste cause. Pour limiter l’émission des gaz à effet de serre, l’Etat français avait créé en 2007 un grand marché des quotas carbone. Chaque année, des quotas étaient attribuées aux entreprises les plus polluantes qui pouvaient les revendre si elles n’atteignaient pas leur plafond ou au contraire en racheter à d’autres entreprises, qui n’avaient pas dépensé les leurs si elles avaient dépassé leur quota autorisé. Une TVA avait été instituée sur ces quotas achetés hors taxes et revendus toutes taxes comprises. (TTC). L’Etat se chargeait alors d’avancer la TVA. Personne n’avait alors imaginé que des escrocs s’engouffreraient dans cette faille et empocheraient sans vergogne et systématiquement les 20% de TVA à chaque transaction. Les gains furent vertigineux et pharaoniques. Rapidement tout le marché de la Taxe Carbone fut gangrené. Les escrocs gagnèrent jusqu’à 500 000 euros par jour qu’ils flambaient allègrement et sans états d’âme car ils en regagnaient autant dès le lendemain. Certaines figures emblématiques ayant réellement existé ont d’ailleurs inspiré des comédies comme Coco. Le personnage principal richissime envoie comme carton d’invitation des Ipads pour la Bar Mitsva de son fils et lors de la soirée fait venir des célébrités comme Puff Daddy, Pharrel William, Patrick Bruel et  Gad El Maleh.
Les milieux du Sentier à Paris et du Panier à Marseille furent fortement impliqués dans ces activités illicites très juteuses. Europole commença à s’affoler dès 2009 alors que les escrocs disparaissaient à l’Etranger avant que l’Etat ne leur demande le remboursement et ouvraient des comptes offshores insaisissables. Les choses commencèrent à se gâter sérieusement lorsque les plus gros fraudeurs furent rackettés par le Milieu. De nombreux règlements de compte eurent alors lieu, laissant des cadavres dans un bain de sang. Après les soirées de jeu au casino, le poker, les fêtes à Monaco et sur la French Riviera, ce fut une suite d’assassinats et de fuites à l’Etranger, notamment en Israël dont le gouvernement finit par les extrader. Certains dossiers sont encore en cours d’instruction et certains procès devraient avoir lieu en début 2018. De grands flics connus sont suspectés   de s’être laissés corrompre. Le sujet était tellement romanesque, tellement noir et tellement vertigineux qu’il n’est pas étonnant qu’Olivier Marchal, ancien inspecteur de police à la Brigade criminelle, aux renseignements généraux à la section antiterroriste, puis acteur et réalisateur ait été séduit et ait décidé d’en faire un film.  C’est son cinquième film. Avant celui-ci, il a réalisé de grands films comme 36 quai des Orfèvres, MR 73, Gangsters et Les Lyonnais.
Carbone est un excellent policier bien monté, bien filmé et les acteurs sont superbement dirigés.

A voir.

 

Sortie le 1° Novembre

 

Réalisé par Olivier Marchal
Casting : Benoît Magimel, Gringe, Idir Chender, Laura Smet, Michaël Youn


Catherine Merveilleux

 

crédit photo : Mika Cotellon-EuropaCorp