Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Diane a les épaules

C’est au Louxor - Palais du cinéma que j’ai rencontré l’équipe de Diane a les épaules, un très beau film de Fabien Gorgeart avec Clothilde Hesme, Fabrizio Rongione, Thomas Suire et Grégory Montel. Le sujet est la GPA pour autrui. C’est une comédie pétillante, parfois grave qui suscite la réflexion sur un problème éthique et sociétal non résolu jusqu’à ce jour, celui des mères porteuses.

Le synopsis est le suivant : Sans hésiter, Diane a accepté de porter l’enfant de Thomas et de Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio.

 

 

Le réalisateur, Fabien Gorgeart a toujours été passionné par la parentalité. Il confie « A un moment de ma vie, j’étais brûlé par le désir d’avoir un enfant et je désespérais d’y parvenir. Ce sujet me tiens donc particulièrement à cœur. C’est mon premier long métrage mais dans les courts métrages précédents,cette thématique était déjà présente et récurrente. Dans le premier, le personnage principal incarné par Fabrizio Rongione n’arrivait pas à avouer à sa petite amie sa stérilité, alors qu’ils essayaient vainement d’avoir un enfant. Dans le deuxième, Clothilde Hesme incarnait une femme dont la sœur vivait une interminable et épuisante grossesse. J’ai vécu personnellement la crainte de ne pouvoir procréer et je suis en totale empathie avec les couples dans cette situation qu’ils soient  gays ou hétéros.  Ils ont une envie viscérale d’avoir un enfant et ils connaissent une terrible frustration et un manque que rien ne peut combler. Les associations et les journaux gays s’intéressent forcément au film car le sujet d’une jeune femme qui porte un enfant pour un couple d’amis gays les concerne, mais ce film ne fait en aucun cas du prosélytisme pour la GPA pour autrui, en l’occurence pour les couples gays. Ce n’est en aucun cas un manifeste ou un film militant, il raconte une histoire. »

 

 

Clotilde Hesme qui incarne une Diane généreuse, lumineuse abonde dans son sens :
«Ce n’est en aucun cas un film militant. C’est l’histoire d’une femme  qui accepte de porter l’enfant de ses meilleurs amis. Elle a accepté une mission et elle est comme un Bruce Willis en mission. C’est un film qui ne fait  pas de prosélytisme. C’est un film qui ouvre le débat. Il ne prend aucun parti. La scène de la piscine a été tournée alors que j’étais réellement enceinte. C’est la première scène qui a été tournée. Les autres scènes ont été tournées après mon accouchement et le bébé, la petite Hannah, que l’on voit à la fin est le bébé que Fabien Gorgeart a eu avec son épouse. J’ai tout de suite été intéressée par le personnage de Diane qui évolue beaucoup psychologiquement et humainement  tout au long du film. Elle acquiert une maturité et prend conscience à la fin du film de ce qu’elle a accompli, du miracle qu’elle a réussi à faire. Pendant toute sa grossesse, en effet, elle dissocie comme elle le dit d’ailleurs sa tête et son ventre.»
Les deux personnages qui incarnent les papas du bébé forment un couple intéressant. n effet, sans que cela soit dit de façon explicite, il est suggéré que Thomas est probablement le papa biologique du bébé. Diane et Thomas se connaissent depuis longtemps. C’est un duo fort, soudé par une solide amitié. Jacques est un peu en retrait. Il ne transmet pas ses gènes, son patrimoine génétique, mais par contre, il transmet son patrimoine culturel, émotionnel, en demandant en secret à Diane de faire écouter au Bébé My Yiddish Mama pendant toute la durée de sa grossesse.
Un film qui dépasse les clichés à une époque où les normes et les codes changent et où il est question de redéfinir la parentalité, l’identité sexuelle. Le film ne délivre pas de message mais qui raconte une belle histoire et qui interpelle.

 

Genre comédie dramatique.

Sortie le 15 novembre 2017


Catherine Merveilleux