Le Jour et La Nuit
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Cessez-le-feu, un très beau film c’Emmanuel Courcol avec Romain Duris

J’adore Romain Duris. Romain Duris est l’acteur emblématique de toute une génération. Il incarne toute une époque. Sa filmographie est impressionnante. Il amorce aujourd’hui un virage important dans une carrière bien remplie et brillante en incarnant un héros  de la Guerre de 14 fuyant son passé dans le film Cessez le feu d’Emmanuel Courcol.

 

Découvert par Cédric Klapish dans Le Péril jeune, il est la même année à l’affiche de Frères d’Olivier Dahan. Il enchaîne ensuite une série de succès dont Chacun cherche son chat, Déjà mort, L’Auberge espagnole, De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard, Les Poupées russes, l’Arnacœur avec Vanessa Paradis, puis Casse-tête chinois…
Lorsque Emmanuel Courcol,  le réalisateur de Cessez le feu cherche l’acteur idéal pour incarner le héros de Cessez le feu, Romain Duris ne s’impose pas tout de suite à lui comme une évidence, confie t-il : « Pour moi, c’était un jeune premier parisien, immature, élégant et comme en suspension. Je l’ai vu dans De battre mon cœur s’est arrêté et j’ai décidé de lui confier le rôle de Georges auquel il donne une intensité, une consistance incroyable. Il y fait preuve d’une grande maturité et d’une autorité naturelle, tout en laissant percevoir le traumatisme terrible d’un gars qui a passé 4 ou 5 ans dans les tranchées, qui a vu du sang, des morts, des gars défigurés, mutilés. Il est très crédible dans son personnage. Je lui ai fait lire des livres qui décrivent comment des mecs costauds se sont effondrés, après l’enfer qu’ils ont vécu. Il a aussi vu des films comme Apocalypse, Capitaine Conan ou Voyage au bout de l’enfer avec De Niro.
Le synopsis est le suivant : En 1923. Georges, héros de 14 fuyant son passé, mène depuis quatre ans une vie nomade et aventureuse en Afrique lorsqu'il décide de rentrer en France. Il y retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence.
Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d'Hélène, professeur de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée…
C’est mon premier long métrage. Le sujet me tient cœur et m’a été inspiré par des souvenirs d’enfance. Petit garçon, chez ma grand-mère, je jouais avec les effets militaires, le casque, les médailles militaires de mon grand-père qui avait fait la Guerre de 14. Plus tard, j’ai lu des ouvrages sur le sujet. Ce qui m’intéressait surtout, c’était le stress post traumatique dont les soldats étaient victimes et dont on a peu parlé dans la littérature et au cinéma. J’ai voulu aborder le sujet de l’état de sidération dans lequel ils se sont retrouvés à une époque où il n’y avait pas de cellule psychologique et où ils se retrouvaient plongés dans la vie civile et … incompris. Georges, le héros de Cessez le feu part en Afrique, en Haute-Volta pour fuir la responsabilité de son frère mort et le regard accusateur et culpabilisant de sa mère. J’ai lu des choses aberrantes à ce sujet : ces hommes s’étaient conduits en héros pendant quatre ans et ils étaient devenus brusquement des indésirables, des moins que rien. Le film s’achève cependant sur une note d’espoir.  »

Un beau film sur la Guerre de 14 où Romain Duris crève l’écran et prend une nouvelle stature et une nouvelle dimension.


Catherine Merveilleux


Un film de  Emmanuel Courcol
Avec Romain Duris, Céline Sallette, Grégory Gadebois, Julie -Marie Parmentier
Catégorie Drame, Historique
Durée 1h43
Langue Français
Réalisation Emmanuel Courcol
Scénario Emmanuel Courcol