Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Jalouse, le dernier film des frères Fœnkinos avec Karin Viard

Karin Viard est l’héroïne de la nouvelle comédie des frères Fœnkinos (La Délicatesse), Jalouse. Je l’ai vu au Cézanne à Aix-en Provence. A l’issue de la projection, j’ai rencontré Stéphane Fœnkinos et le comédien Thibault de Montalembert  de la série Dix pour cent.

Le synopsis est le suivant : Nathalie Pêcheux, professeur de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain du statut de mère attentionnée à celui de jalouse maladive. Tout le monde en prend pour son grade. Elle semble avoir perdu tout filtre. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d'action s'étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage... Entre comédie caustique et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme…

Comme le dit Stéphane Fœnkinos : «La jalousie est un sentiment que l’on connaît tous à un moment donné de sa vie quand le bonheur des autres vous saute à la figure comme Nathalie le déclare à son généraliste. Par contre, le film aborde un côté tabou de la jalousie. Nathalie est jalouse de sa propre fille. Voir la chrysalide se transformer en papillon, la beauté et la grâce de sa fille éclore au moment où sa vie semble décliner lui est insupportable. Petit à petit, elle devient jalouse de tout son entourage» A la question : «Avez vous un jour éprouvé de la jalousie à l’encontre de David, votre frère ?», Stéphane éclate de rire : «C’est mon petit frère. J’ai toujours été fier de lui. Je me souviendrai toujours de ce Noël 2001 où il m’a offert son premier livre publié chez Gallimard. Il avait scrupuleusement gardé le secret pour me faire la surprise. C’est grâce à lui si je suis rentré dans la réalisation. L’un envers l’autre, nous n’avons pas de problème d’ego, de rivalité, de jalousie, nous travaillons en osmose et en parfaite complémentarité. »

Le film oscille sans cesse entre la comédie et le drame car malgré des situations souvent cocasses, l’héroïne Nathalie souffre vraiment. Elle n’a plus aucun tabou, ni aucun frein, mais paradoxalement le spectateur garde une certaine empathie à son égard, tout comme son entourage qui malgré tous les actes odieux et blâmables qu’elle commet ne la rejette pas. Sa fille, sa meilleure amie, son ex-mari, la nouvelle femme de celui-ci comprennent qu’elle traverse une crise qui la  dépasse. Elle le dit d’ailleurs elle-même: «J’agis par impulsions et après je le regrette.» Stéphane Fœnkinos explique : «Au début, c’est anodin, puis ses actes deviennent de plus en plus nuisibles et graves. Au fil du temps, ses réactions sont de plus en plus imprévisibles jusqu’au drame final produit par sa jalousie poussée à son paroxysme. Nathalie est un personnage entier qui obéit à ses pulsions, qui est traversée par un tsunami. A la fin de l’histoire, il ne s’agit pas d’une rédemption, mais plutôt d’une acceptation de Nathalie.» A la question : «A quel moment avez-vous pensé à Karin Viard pour interpréter ce personnage ?» Stéphane Fœnkinos confie : «Le personnage a été écrit pour elle.»
Karine Viard est exceptionnelle dans le rôle de cette femme en pleine crise qui envoie promener toutes les conventions. Thibault de Montalembert, homme de théâtre qui joue dans la série Dix pour cent,  est, quant à lui, d’une grande justesse d’interprétation. La jeune Dara Tombroff, danseuse à l’Opéra de Bordeaux, qui incarne la fille de Nathalie, Mathilde,  accroche remarquablement la lumière. C’est  son premier long métrage et cela ne devrait pas être le dernier. Stéphane Fœenkinos confie à son propos : «J’ai auditionné près de 300 filles pour pourvoir ce rôle. Quand j’ ai vu Dana, cela a été comme une évidence. Elle était Mathilde.»  

Entre comédie caustique et suspense psychologique. Les talents conjugués de David&Stéphane Fœnkinos et de Karin Viard font que les spectateur aiment l’héroïne malgré tous ses défauts et ses incroyables dérapages.

 

Sortie sur nos écrans le 8 novembre


Catherine Merveilleux