Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Je vais mieux

« Je vais mieux » de Jean-Pierre Améris est un film librement adapté du roman éponyme de David Foenkinos. C’est le onzième film du réalisateur et sa troisième comédie. Il succède au film « Les Emotifs anonymes » et à « Famille à louer » qui étaient des scénarios originaux nourris pour une grande part de réminiscences autobiographiques. Le réalisateur confie que quand il a lu le roman de Foenkinos, il s’est identifié au personnage car il souffre lui-même depuis toujours d’un mal de dos récurrent dû à son angoisse existentielle et à sa grande taille (1,98m).

 

«Le personnage du roman est plus cynique que dans mon film. Je n’aime pas être cynique dans mes films, je cherche toujours à transmettre au public quelque chose de positif. J’aime penser que les gens sortent d’un de mes films, consolés et ayant repris espoir dans la vie. C’est un parti pris, même si certains critiques me reprochent parfois d’être trop gentil. Le mal de dos est toujours symptomatique et révélateur d’un mal-être que ce soit au niveau du couple, du travail, des enfants qui quittent le foyer ou des parents qui vieillissent. Comme le dit le psychologue dans le film, le corps nous parle. Il faut l’écouter. Les douleurs sont comme un signal d’alarme. Je me suis inspiré du roman de David Foenkinos à qui j’ai donné une dimension kafkaïenne. Eric Elmosnino interprète avec talent ce personnage à la Buster Keaton, décalé, comme issu d’un cartoon. J’ai créé pour lui au niveau des décors, un univers stylisé proche du rêve. Mon héros pourrait être un personnage de Sempé. Le milieu dans lequel il évolue est un décor de fantasy, un décor surréaliste, un univers à la «Alice aux pays des merveilles». Le film est cocasse, loufoque, surréaliste, c’est une comédie, mais c’est aussi une introspection, celle d’un homme qui enquête sur l’origine de ses douleurs. Comme le lui conseille le psy, il part à la recherche de ses frustrations, de ce qui le fait souffrir. Comme lui, j’ai longtemps été un homme qui n’osait pas dire non. A 40 ans, j’ai réellement été aux Emotifs anonymes. Beaucoup de gens croient que j’ai inventé ce concept pour mon film, mais cette association existe vraiment. J’y suis resté deux ans. Le message de mon film est qu’il faut écouter son corps, ne pas accumuler les frustrations, les non-dits et oser dire à ceux qu’on aime qu’on les aime.
 

 

La fin n’est pas la même que dans le roman. Mon héros fait quelque chose de positif, de constructif. Il édifie une passerelle entre deux rives. Dans le roman, il est question de la transformation d’un hôtel en hôtel littéraire. Je souhaitais quelque chose de plus réel, de moins intellectuel, de plus symbolique. Le message est que pour sortir de son narcissisme, il faut réaliser une œuvre et évacuer sa douleur. Les tableaux qui décorent les murs du dentiste interprété par Ary Abittan font référence au célèbre Cri de Munch. Le cri est un exutoire tout comme la scène avec Judith El Zein où le couple se dispute est un exutoire. J’ai beaucoup d’empathie pour mon personnage qui est un petit bonhomme pas du tout imbu de lui-même, il s’excuse de tout, n’ose pas dire non, a peur du jugement des autres. Ce qui a longtemps été mon cas, car mes parents m’ont inculquer la peur du jugement des autres. Il s’angoisse même lorsqu’il commande un café.»

 

Un excellent casting avec notamment Henri Guybet dans le rôle du père du réalisateur. Ary Abittan est génial dans le rôle de l’ami dentiste et Alice Pol très fraîche et très touchante. Un beau film sur l’angoisse existentielle de l’être humain qui doit être performant dans tous les domaines, au travail, dans son couple, dans sa famille et qui n’ose pas assumer sa souffrance et parfois dire son amour. Une excellente comédie.

Un quinquagénaire est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ?


Réalisateur : JEAN-PIERRE AMERIS
Interprètes: Eric Elmosnino, Ary Abittan, Judith El Zein, Alice Pol, François Berléand
Distributeur : EUROPACORP DISTRIBUTION
Genre : COMÉDIE
Durée: 86 min
Sortie nationale : 30/05/2018

Catherine Merveilleux

 

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