Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

© 2018 Iota Production / LFP – Les Films Pelléas / RTBF / Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma

Nos batailles

C’est à Paris, à quelques jours de l’avant-première de Nos batailles que j’ai rencontré Laetitia Dosch et Romain Duris, qui interprètent magistralement un frère et une sœur, en prise avec les turbulences et les batailles que nos contemporains doivent mener pour assumer de concert vie professionnelle et vie privée, dans le second long métrage de Guillaume Senez.

 

Romain Duris, égérie de Klapish comme Jean Pierre Léaud l’était de François Truffaut, a incarné Tomasi dans le Péril jeune, puis est devenu une véritable icône du cinéma français dans la Trilogie l’Auberge espagnole, les Poupées russes, Casse-tête chinois. Il a ensuite enchaîné les rôles dans près de 50 films et a décroché 3 César.
Depuis les années Klapish, le jeune homme a mûri. Dans Nos Batailles, le second long métrage de Guillaume Senez (Keeper), il incarne un jeune père de famille abandonné,  en prise avec les difficultés de la vie, lorsque sa femme part un beau jour sans prévenir. Elle n’a laissé ni un mot, ni une lettre, juste un vide abyssal et des questions, un abîme de questions. Olivier n’a rien vu venir, préoccupé par les combats sociaux qu’il mène dans ses activités syndicales. Le mal-être de la jeune femme est juste suggéré par quelques scènes en flash back.

 

 

Synopsis : Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

 

Guillaume Senez ne donne pas de raison explicite à la disparition de Laura et c’est ce qui donne toute sa puissance au film. Olivier n’est pas un être abject.  Il n’est ni violent, ni alcoolique, ni coureur de jupons. Il n’est pas très présent à la maison et ne participe pas beaucoup à l’éducation de ses enfants, mais, en fait, comme beaucoup d’hommes qui s’investissent dans leur vie professionnelle, associative ou politique. Il est altruiste à l’extérieur et tombe des nues lorsqu’il s’aperçoit des répercussions que son investissement syndicaliste a sur sa vie familiale.  Comme le déclare Romain Duris : «Il n’a pas la vie qui va avec la théorie, mais comme beaucoup de gens qui s’investissent en politique ou dans un combat syndical ou associatif. J’ai joué le personnage sans le condamner, en éprouvant de l’empathie pour lui car il y a beaucoup d’amour en lui.»
Les deux enfants sont excellents et leurs réactions, lors du départ brutal de leur mère sont décrites avec beaucoup de subtilité et de psychologie. Comme le dit Romain Duris: « La petite fille semble beaucoup plus traumatisée, mais moi, je m’inquièterais plus pour le petit garçon qui semble encaisser et qui ne montre rien de son désarroi. Les blessures invisibles sont parfois les plus profondes.»
Guillaume Senez confie : Je n’ai pas voulu faire un film politique sur les répercussions du monde du travail sur la vie familiale, mais un film sur l’écoute. Je voulais surtout que le spectateur soit ému. Un moment, je me suis heurté au tabou de la femme qui abandonne ses enfants lorsque j’ai essayé de trouver un producteur. Le but n’était cependant pas de la juger, ni surtout de la condamner. Le film a été reçu avec beaucoup de bienveillance à Cannes tant de la part du public que de la critique.»

 

Laetitia Dosch est lumineuse dans le rôle de la sœur d’Olivier. Actrice parfois atypique et excentrique, les Marseillais auront le plaisir de la retrouver les 26 et 27 septembre  prochains dans son spectacle Hâte, lors du Festival Actoral à Marseille. Elle aura pour partenaire Corazon, un pur sang espagnol. Un duo qui permet de s’interroger sur les questions existentielles qui peuplent notre vie …

A Cannes où le film a été présenté dans la sélection La Semaine de la critique, le film a reçu une standing ovation, tant il est poignant, sans artifices et sans trémolos. C’est un film beau,  très émouvant, très crédible, sans pathos qui mériterait un César.

 

Un film de Guillaume Senez
Comédie dramatique
Prix / Festivals : Semaine de la Critique Festival de Cannes 2018
Casting : Romain Duris, Laure Calamy, Laetitia Dosch, Lucie Debay, Basile Grunberger
Sortie le 3 octobre


Catherine Merveilleux


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