Le Jour et La Nuit
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Marseille Netflix : sexe, violence et politique

C'est au Palais du Pharo que Reed Hasting et Ted Sarandos ont choisi de projeter en avant-première les 2 premiers épisodes de la nouvelle série Netflix, Marseille. Pour ma part, j'ai aimé ! N’en déplaise à la presse pseudo intellectuelle parisienne, toujours prête au bashing lorsqu'il s'agit de Marseille. Bien sûr, ce n'est pas du Godard ni du Lars Von Trier, mais je n'aime ni Godard, ni Lars Von Trier.

Ce n’est pas du cinéma d’art et d’essai. C’est une série. Or, que demande t-on à une série ?  Quels sont les critères pour que la magie opère et que le spectateur soit addict à la série ? Le cocktail doit contenir des personnages attachants, un peu caricaturaux, un cadre intéressant, une intrigue et pourquoi pas quelques scènes torrides de sexe. Or tous ces paramètres sont réunis  dans les deux premiers épisodes et pour ma part, je suis impatiente de connaître la suite. Par delà la polémique parisienne, l’histoire tient la route, et le casting est impressionnant : Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Hippolyte Girardot, Nadia Farès et Géraldine Pailhas.
 


Gérard Depardieu est «Great» comme disent les Américains. Benoît Magimel incarne bien le personnage de jeune loup aux dents longues. La jeune Stéphane Caillard qui interprète la fille du maire est fraîche et crédible en fille rebelle qui s’encanaille avec un bad boy des cités. Quant à Nadia Farès, elle est irrésistible en séductrice inconditionnelle et vénéneuse.
Marseille est une fiction de huit épisodes de 52 minutes qui raconte la guerre de succession entre le maire de Marseille, Robert Taro, interprété par Gérard Depardieu et son dauphin, Lucas Barres, incarné par Benoît Magimel. Gérard Depardieu est un édile en fin de carrière qui a formé Lucas Barrès pour lui succéder. Or, son fils spirituel se retourne contre lui, comme Brutus se retourne contre César. Robert Taro à juste titre se sent trahi. La cause de leur rupture est un profond désaccord  à propos  d’un projet immobilier de Casino et de Marina sur le J1, mais est aussi due au fait que Lucas Barrès est un jeune loup aux dents longues, qui pendant 20 ans a souffert de la domination castratrice de son mentor. La série aborde un sujet bien réel à Marseille, celui de l’éventuelle succession de Jean-Claude Gaudin, qui était d’ailleurs présent dans la salle, lors de l’avant-première avec ses dauphins potentiels.

 

La série montre un Marseille à la fois sublime et sulfureux. Ce qui est conforme à la réalité car au delà du ciel et de la mer azuréens, des fêtes au Sport Beach, Marseille n’est pas la ville des Bisounours et la vie dans les cités est âpre et violente. Les guerres entre gangs sont une réalité et les règlements de comptes, du style mettre le feu à des voitures avec leur occupant ou assassiner un juge ont bel et bien existé. Le scénariste Dan Franck n’a eu qu’à s’en inspirer.

 

La projection s’acheva par un After magique sur le toit du Fort Ganteaume où l’on pouvait croiser les acteurs de la série ainsi que  le beau nageur Camille Lacourt ainsi que de nombreuses personnalités et décideurs. Le cinéma tout comme le tourisme est désormais une manne pour Marseille, qui a 478 tournages à son actif grâce au travail mené par la municipalité. Des films comme la French ou Un Homme à la hauteur avec Jean Dujardin, Marseille avec Kad Merad, Overdrive avec Scott Eastwood ou Shangaï Express ont  récemment été tournés dans la Cité Phocéenne. Par delà, l’aspect artistique, l’aspect économique est à prendre en considération. Grâce à Netflix et à ce film, l’image de la ville de Marseille sera diffusée à travers le monde entier et les retombées économiques seront à la hauteur du spectre de diffusion. Avec 30 millions d’euros de retombées directes, l’industrie du cinéma représente un enjeu économique et un levier pour la création d’emplois particulièrement importants pour une ville qui a besoin de créer de l’emploi.

 

Marseille, Saison 1, le jeudi 5 mai sur Netflix.
Les 2 premiers épisodes seront diffusés sur TF1 le 12 mai

Catherine Merveilleux