L’Etrangère. La réalisatrice Gaya Jiji. © Catherine Merveilleux
Le synopsis du film est le suivant : Selma fuit la Syrie en laissant derrière elle son fils de six ans et son mari disparu dans les geôles du régime. Arrivée à Bordeaux, elle fait la connaissance de Jérôme, un avocat qui va l’aider dans ses démarches pour obtenir le droit d’asile et retrouver son fils Rami. Leur histoire d’amour va tout remettre en question.
Dans son premier film, « My Favorite Fabric » qui se passait au début de la guerre civile syrienne, interprété par Manal Issa, la réalisatrice parlait déjà du corps de la femme, de fantasmes et de sensualité. Comme dans son premier film Gaya a mis dans ce second film, une tension dramatique et beaucoup de sensualité. « J’ai mis dans ce film une grande partie de moi, c’est un film très personnel. Il n’est pas autobiographique mais il est très personnel car je suis moi même une exilée syrienne. Ce parcours pour avoir la statut d’ailée, je le connais.» explique la réalisatrice de ce film profond et émouvant.
« Le film a été tourné à Bordeaux, une ville bourgeoise où les communautés étrangères sont mises à part. Le personnage de Jérôme, l’avocat qui va l’aider dans ses démarches pour obtenir le statut de réfugiée est un beau personnage. Il a un cabinet qui marche bien, une vie aisée lorsqu’il se retrouve confronté à la tragédie de Selma qui travaille au noir dans le restaurant en face de son cabinet. Avocat d’affaires, il ne se sent pas apte à traiter le dossier de Selma car ce n’est pas sa spécialité et son domaine de compétences. Touché, il accepte cependant de l’aider à obtenir le droit d’asile en s’informant auprès d’avocats spécialisés dans ce domaine des procédures et des démarches spécifiques pour ce type de procédure et de dossier.
L’acteur, Alexis Manenti vu l’an denier dans le Mohican incarne avec sensibilité et tact ce beau personnage. Lui même a une maman serbe et a confié à Gaya: « J’ai vu ma mère dans ce film. » Le moment où il lui déclare: « Vous êtes une femme courageuse » est un moment charnière et déterminant qui aura des répercussions sur l’évolution de leur relation. Il lui révèle, en effet, quelque chose d’elle même dont elle n’avait pas conscience.Très attirés l’un par l’autre, ils finissent par avoir une relation amoureuse et il accepte même de l’aider à faire venir en France son mari au nom du regroupement familial car elle finit par apprendre , alors qu’elle était sans nouvelles depuis des années que celui-ci a été libéré des geôles du pouvoir syrien où il croupissait depuis cinq ans.
Le mari de Selma est lui aussi est un beau personnage, plein de noblesse. Il vient d’échapper à la mort et retrouve la femme qu’il a toujours aimée et dont il est toujours éperdument amoureux et avec noblesse, il la laisse libre de son choix quand il se rend compte que sa femme est amoureuse de Jérôme, sans la culpabiliser.
Un film très émouvant sur l’exil, la tragédie que vit Selma de devoir quitter son pays, de se retrouver déracinée et invisible dans un pays étranger, de ne pas avoir le droit de travailler légalement et de devoir travailler « au Noir », alors que dans son pays elle était professeur de français.
Réalisation : Gaya Jiji
Casting : Zar Amir Ebrahimi, Alexis Manenti, Amr Waked, Megan Northam, Grégoire Monsaingeon
Tandem Films, Rencontres du sud, Gaya Jiji, Par Amir Ebrahimi, Festival de cannes, Alexis Menenti, Avignon
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