Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Etienne de Montety, président du jury du Prix des Deux Magots, directeur du Figaro littéraire entouré de son jury

 

Le prestigieux Prix des Deux Magots vient d’être décerné à Guy Boley

Le bal des Grands Prix littéraires vient de s’ouvrir avec le 90ème Prix des Deux Magots décerné à Guy Boley pour son livre magnifique A ma sœur et unique  paru chez Grasset. C’est en présence de Catherine Mathivat, présidente des Deux Magots, d’Etienne de Montety, président du jury du Prix des Deux Magots, directeur du Figaro littéraire, et de nombreuses personnalités que vient d’être décerné cette distinction littéraire comptant parmi les plus anciennes et les plus convoitées.

Le café-restaurant "Les Deux Magots" à Saint-Germain-des-Prés

 

Le café-restaurant des Deux Magots incarne pour le monde entier l’Esprit Rive gauche. Lieu mythique, il a vu défiler un grand nombre de légendes comme Verlaine, Alfred Jarry, André Gide, Jean Giraudoux, Boris Vian, Guillaume Apollinaire, Joyce et les Surréalistes, Camus, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Ernest Hemingway,  Pablo Picasso, Jacques Prévert et tant d’autres… Ce lieu à la tête duquel quatre générations se sont succédées  a une âme et est toujours fréquenté par de nombreuses personnalités du monde culturel d’aujourd’hui et demeure depuis plus d’un siècle un lieu très prisé des écrivains, artistes et réalisateurs. Sa propriétaire Catherine Mathivat y organise des rencontres littéraires Les lundis  littéraires  et des concerts Les Jeudis du jazz.

 

Etienne de Montety, président du jury, Guy Boley, Catherine Mathivat, présidente des Deux Magots

 

Le livre de Guy Boley s’intitule A ma sœur et unique et retrace la relation tumultueuse d’Elisabeth Föster qui fut l’unique sœur de Friedrich Nietzsche, écrivain, philologue, philosophe, être perpétuellement souffrant, vivant dans une solitude totale. De deux ans sa cadette, elle fut sa première lectrice, compagne, admiratrice. Tôt, elle se promet de tout faire pour que brille l’œuvre de son frère à laquelle elle n’entend rien. Elle le soignera, l’assistera, le portera. Et ira jusqu’à vendre ses écrits à Adolf Hitler. Dans ce roman écrit d’un souffle, Guy Boley retrace chaque épisode de leurs vies : de leur enfance complice au mariage d’Elisabeth avec Bernhard Förster, antisémite déclaré avec lequel elle part en 1886 au Paraguay, fonder la colonie Nueva Germania. Pour revenir trois ans après, au chevet de son frère tombé dans la folie, inconscient, alité, qu’elle dit soigner mais qu’elle va trahir. Ce livre dédiabolise en quelque sorte Nietzsche des accusations portées contre lui et qui l’ont fait passer pour un  auteur adepte des thèses nazies.

 

Catherine Mathivat, , présidente des Deux Magots,

 

Le jury était présidé par Etienne de Montety, directeur du Figaro littéraire et Lauréat du Prix des Deux Magots en 2014 pour son livre La Route du salut. Suivant la tradition établie par la famille Mathivat, propriétaire des Deux Magots depuis quatre générations, le lauréat a reçu des mains de Catherine Mathivat un chèque de 7 700€. Guy bolet succède à Louis-Henri de La Rochefoucauld, lauréat 2022 pour son livre Châteaux de sable paru chez Robert Laffont. Guy Boley a déclaré : «Recevoir le Prix des Deux Magots 90 ans après Raymond Queneau est très émouvant. Il était un écrivain de génie et, pour moi, une sorte de maître en écriture.» et confié avec humilité que dans le train qui le conduisait vers Paris de son Jura natal, il était convaincu qu’il n’aurait pas le Prix. Etienne de Montety a, quant à lui , déclaré : «Le style de Guy Boley et sa personnalité ont tout de suite donné la certitude au jury que ce prix s’inscrivait dans la tradition des Deux Magots. Il l’a remporté à 7 voix contre 5 pour Humus de Gaspard Kœnig paru aux Editions  de L’Observatoire ».

 

L’auteur a connu un parcours atypique et pour le moins insolite. Il fut tour à tour maçon, ouvrier d’usine, chanteur des rues, directeur de cirque, scénariste, chauffeur de bus, Père Noël, animateur d’ateliers d’écriture en prison, cracheur de feu etc… et finalement romancier pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.

 

Après le cocktail, de nombreuses personnalités comme Brigitte Fossey, Guillaume Durand, Marc Lambron, Eric Neuhoff, Etienne de Montety participèrent à une table ronde  sur la thématique L’esprit artistique et littéraire de St-Germain-des-Prés animée par Jean-Yves Clément. Celle-ci fut suivie d’une causerie intitulée L’esprit Rive gauche selon Alain Souchon avec Alain Souchon sous l’œil attentif des deux mandarins emblématiques du café.

Le Prix a vu le jour le 7 décembre 1933, en réaction aux choix jugés trop académiques du prestigieux prix Goncours décerné ce jour là à André Malraux pour la Condition humaine. Il récompensa Raymond Queneau pour son premier roman, le Chiendent. Le Prix des Deux Magots a pour vocation de mettre en lumière un talent littéraire, romancier ou essayiste, qui vient d’éclore ou qui ne bénéficie pas de la reconnaissance qu’il mérite. Toutefois, le choix du jury procédant largement de son enthousiasme et de ses coups de cœur, il ne s’interdit pas d’accorder ses suffrages à un ouvrage ne répondant pas aux critères établis. Car tel est son bon plaisir, qui est aussi celui de l’esprit des lieux, artistique et non-conformiste par excellence.


Les Deux Magots,

6 Place Saint-Germain-des-Prés

75 006 Paris


Catherine Merveilleux


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