Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

To be or not to be Charlie ?

Etre laïc ce n’est pas être anti-religieux

La divulgation des nouvelles caricatures de Mahomet est en train de provoquer une troisième guerre mondiale et d’embraser de nombreux pays à travers le monde dans une violence inouïe.

Charlie Hebdo que l’on considère aujourd’hui comme la figure emblématique de la laïcité ne la respecte pas car le concept de laïcité ce n’est pas d’éradiquer les religions, c’est de faire en sorte qu’elles appartiennent à la sphère du privé, sans discrimination, sans jugement de valeur, sans prosélytisme et sans qu’elles n’interfèrent dans la sphère publique.

Chacun a le droit de croire, de pratiquer sa religion au sein de sa famille, avec ses proches et ses coreligionnaire. Etre laïc, ce n’est pas supprimer, éradiquer les religions, c’est permettre à l’autre d’avoir la spiritualité qu’il choisit, même si ses rites, ses croyances ne sont pas en phase avec les nôtres, même si elles nous paraissent étranges, parfois même ridicules.

Bien sûr, le massacre des journalistes de Charlie Hebdo est d’une barbarie inacceptable, d’une horreur absolue car s’il existe un principe universel intangible, incontestable, inaliénable, un seul, c’est bien le caractère sacré de la vie humaine.

Nul n’a le droit d’attenter à la vie d’autrui.

Les Français dans un élan sincère, spontané, bien que très vite récupéré par les politiques, s’identifient à Charlie au nom du beau principe de laïcité, mais Charlie est, en fait, anti-laïc puisqu’il nie et bafoue le droit à tout un chacun d’avoir des croyances, des convictions spirituelles autres que les siennes. C’est un comportement totalitaire qui sacralise l’anti-religieux et diabolise ceux qui ne pensent pas comme eux. Est-ce cela la liberté d’expression ?

La Déclaration des Droits de l’Homme, fierté de notre pays, accorde à tout un chacun le droit de penser, d’exprimer ses croyances en toute liberté. Il s’agit de la liberté de conscience et de la liberté d’expression. Par contre, si j’estime qu’il n’est ni républicain, ni éthique d’insulter la foi des autres, en l’occurence celle des Musulmans dans l’Affaire des caricatures du Prophète, je pense fermement qu’il est tout aussi blâmable pour les Musulmans, qui sont nos concitoyens, de faire du prosélytisme et de nous imposer la nourriture Halal, le Niqab, la Charia. Ils n’ont pas à nous imposer leurs rites ! Par contre il est anti démocratique que certains tournent en dérision ce qui est pour d’autres quelque chose de sacré et s’arrogent le droit de les empêcher de respecter les lois de leur religion dans la sphère privée.
Le blasphème n’est pas un délit selon le droit français, mais ce n’est pas une raison pour insulter les croyants car l’insulte est un délit et la tolérance est la base du savoir-vivre et par là même du vivre ensemble.

La montée des communautarismes et les crispations identitaires, qui sont l’un des fléaux de nos sociétés contemporaines, sont dues à une immigration non maîtrisée car les personnes arrivant simultanément et de façon anarchique sur le sol français sont trop nombreuses par rapport aux capacités d’accueil. Depuis une vingtaine d’année, la situation économique liée à la crise internationale ne permet plus de loger, d’offrir une protection sociale, d’offrir un travail à cause du chômage endémique qui ne se résorbe pas, à tous. Ces Immigrés qui vivent actuellement en Europe avaient déjà souvent de grandes difficultés à s’intégrer chez eux. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont fui leur pays. Comment peut-on espérer qu’ils puissent réussir à s’intégrer en France, alors qu’ils ne parlent même plus la langue française qui est devenue pour eux une langue étrangère après la décolonisation et l’Indépendance par la promulgation de lois redonnant la première place à l’Arabe ? Comment espérer qu’ils s’intègrent alors qu’ils n’ont aucune compétence professionnelle ?
A la suite de l’ échec de leur intégration en France, pays dont ils rêvaient comme d’un Eldorado, ils ressentent un sentiment amer de frustration et pour de nombreuses personnes de haine vis à vis d’un pays qui, miroir aux alouettes, n’a pas correspondu à leur imaginaire et à leurs attentes. Récupérés par des Djihadistes qui les ont endoctrinés, formatés, certains Jeunes sans pères, ni repères pour la plupart, laissés pour compte, se croient des victimes de la société. Ils se croient stigmatisés car ils n’ont pas du tout conscience du fait que la société ne fait de cadeaux à personne, ils partent alors dans des camps d’entraînement en Syrie et deviennent des terroristes, des bombes à retardement.

Les coupables de ce fiasco sont les Politiques qui ont permis Schengen, les politiques qui ont trompé ces Jeunes en leur faisant croire à un impossible rêve. Les coupables sont ces politiques qui ont permis à l’Education nationale de tomber en déliquescence, en destituant les maîtres de leur autorité et en mettant en place des réformes laxistes et de plus en plus permissives. Les coupables sont ces politiques qui ont excusé les actes de ces Jeunes multirécidivistes en excusant leurs crimes par la misère, en leur faisant croire que tout était permis. Les coupables sont les politiques qui ont encouragé le communautarisme au lieu d’inciter les immigrants à s’intégrer dans une république Une et Indivisible, par le biais de l’école et du service militaire qui devrait être rétabli pour redevenir comme il l’était le creuset de la république.

Les coupables sont les Emirs et les Imams qui les ont endoctrinés dans les Cités subventionnées par le Qatar et les prisons dans des buts inavoués, inavouables et intéressés, dans un but de conquête de l’Occident et une quête du pouvoir. En disant cela, je n’excuse en aucun cas, les terroristes, ils ont comme chaque être humain leur libre-arbitre, une conscience qui leur donne le choix. Leur châtiment à la suite de ces actes barbares doit être exemplaire, terrible et sans pitié, mais j’explique qu’il y a d’autres coupables qui font partie de l’Establishment. Les culpabilités ne se partagent pas. Elles s’additionnent. Il est cependant inquiétant que des responsables politiques aient contribué à un désastre dont nous ne connaissons encore qu’une partie de l’iceberg car le problème de l’immigration non maîtrisée, du terrorisme est loin d’être réglé. Il va s’exacerber.

Bref, je ne suis pas Charlie.

J’ai pleuré pour ces journalistes quand ce carnage barbare a été perpétré, mais je n’ai pas envie de porter le Niqab et je n’ai pas envie de manger Halal. Je veux être libre, ne pas me voir imposer des normes qui ne sont pas les miennes au nom de la liberté de penser, ni me taire pour ne pas paraître Islamophobe et être diabolisée. Le problème est qu’actuellement des civilisations antinomiques aux valeurs radicalement différentes coexistent sur le sol français et que certains Musulmans intégristes font du prosélytisme et n’acceptent pas les normes françaises. Il existe un décalage abyssal entre une civilisation où les femmes s’exhibent seins nus et en string sur les plages et une civilisation dont les femmes voilées des pieds à la tête sont lapidées en cas de relations sexuelles illicites.

Quelles sont les valeurs communes sur lesquelles se mettre d’accord ? Quel peut être le socle commun alors que les divergences sont si criantes ?

Catherine Merveilleux


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