Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

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Trois jours

Samuel et Sarah vivent dans un Kibboutz en Israël. Leur vie a basculé lorsque leur fils Jonathan est mort sept ans plus tôt dans un attentat. Depuis, dévasté, Samuel a perdu le goût de vivre et il fait des fugues pendant lesquelles, inconscient et perdu, il erre hagard à la recherche de son fils disparu dans ces conditions tragiques. Le chagrin du vieil homme s’est encore accru lorsque Juliette, l’une de ses filles, a rencontré à Paris Mehdi, un Musulman, avec qui elle envisage de construire sa vie.

Pour lui, c’est intolérable. Judith, son autre fille, décide alors d’intervenir car elle est persuadée que le projet de Juliette achèvera de détruire son père déjà suffisamment anéanti. Lui, qui en France prônait la laïcité et qui avait coutume de proclamer : « Citoyen français à l’extérieur, Juif à l’intérieur » a vu ses idéaux laïcs et humanistes bafoués et, blessé dans sa propre chair, a perdu son enthousiasme et sa foi en l’avenir et en l’humain. Il est dévasté et ne veut plus entendre parler de Juliette. Judith imagine alors un stratagème et saute dans le premier avion pour Paris. Elle n’a que trois jours pour mener à terme son projet machiavélique. Elle va alors vivre les trois jours les plus compliqués de sa vie.
Un livre non manichéen qui ne fait pas de prosélytisme, mais qui avec humanisme, simplicité et naturel rappelle quelques vérités premières telles que le rachat des terres en bonne et due forme aux Palestiniens. Fait que la désinformation occulte et travestit trop souvent. L’héroïne, Judith souffre profondément de la désinformation récurrente qui diabolise Israël et durant son séjour à Paris s’interroge même pour savoir si elle doit avouer à un commerçant, qui lui demande sa nationalité, qu’elle est Israélienne. Ce qui, à chaque fois qu’elle le dit, l’oblige systématiquement à se justifier auprès de tiers. Humiliation qu’elle ne supporte pas.
L’auteur décrit aussi admirablement les affres du désespoir et de l’inquiétude dans lesquelles  le terrorisme et les attentats plongent les Israéliens.
Les Français, qui critiquent Israël depuis des années commencent à peine, hébétés, à comprendre  la souffrance du peuple israélien toujours sur le qui-vive et sur ses gardes. Le massacre perpétré par Mohamed Merah puis les attentats de Charlie Hebdo et de l’épicerie Casher ont fait prendre conscience de l’horreur du terrorisme à nos concitoyens.
Dans son livre, l’auteur parle au contraire de l’insouciance des Parisiens et des Français qui ne connaissent pas le terrorisme car son livre a été écrit avant que ces événements ne surviennent. Notre pays, qui était un pays démocratique et en paix où régnaient le respect et les Droits de l’Homme, a brusquement été plongé dans l’enfer des attentats. C’est un véritable bouleversement, désormais,semble-t-il irréversible. Le livre de Laurence Barry, très bien écrit, très profond et très humain permet d’en prendre conscience.

Laurence Barry est née à Strasbourg. Elle a vécu à Paris avant de quitter la France pour Israël en 1994. Polytechnicienne, elle y travaille en free-lance comme actuaire conseil. Trois jours est son premier roman. il a été finaliste lors du Prix Matmut 2014 du 1° roman.


Trois jours de Laurence Barry. Editions Carpentier

Catherine Merveilleux