Le Jour et La Nuit
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Rencontre avec Hughes Kieffer

Hugues Kieffer, directeur de Marseille Jazz des Cinq Continents, lutte contre vents et marées pour pérenniser son Festival, qui aura lieu du 8 au 27 juillet

Catherine Merveilleux : Dans votre édito, vous parlez du concept de Résilience emprunté à Boris Cyrulnik. Votre festival a-t-il vécu un traumatisme et si oui lequel ?

Hughes Kieffer : Le terme Résilience est employé, non pas dans le contexte originel que décrit Boris Cyrulnik dans ses travaux, mais au sens où on l’emploie aujourd’hui couramment pour parler de problèmes difficiles à surmonter, mais que l’on parvient cependant à dépasser, grâce à la persévérance et à la résistance. Ces problèmes pour le Festival ont été en premier lieu la crise sanitaire, qui a été sans pitié et assassine pour la scène, la musique et le monde du spectacle. En deuxième lieu, nous avons subi des coupes drastiques de subventions. Mais nous ne sommes pas les seuls … Pour survivre, il nous a fallu nous adapter  et  résister aux vents contraires et aux courants dominants. Notre cap reste la musique vivante, la liberté de création, la discussion et l’échange, la curiosité de l’autre, la recherche de l’invention, l’autorisation au spontané et à l’inattendu, le droit à la fausse note et à la singularité. Nous résistons mais  heureusement pas tous seuls.

 

C.M. : Avez-vous réussi à trouver un équilibre ?

H.K. : Nous n’y arriverons sans doute pas en une année, mais nous n’avons pas sacrifié la qualité et nous avons préservé un bon niveau artistique. Nous n’avons pas baissé notre niveau d’exigence. Dans la programmation, il y a des artistes à découvrir, qui sont de véritables pépites mais aussi de grands noms, des valeurs consacrées. Nous arrivons à nous reconstruire et à poursuivre notre objectif, qui est de non seulement offrir du divertissement mais aussi d’ouvrir une fenêtre artistique sur le monde et sur l’actualité car notre ambition est que, lors de notre Festival, artistes et spectateurs témoignent, interpellent et suscitent une réflexion dans un esprit d’ouverture.

 

 

C.M. : Comment se passe la résistance dont vous parlez ?

H.K. : Cette résistance est tout sauf triste. Nous explorons des pistes pour survivre, nous présentons des musiciens de tous horizons, sans apriori d’aucune sorte mais notre festival est avant tout une fête avec des cris de joie, de l’amour, des rencontres, des échanges et du bon vin comme symbole dyonisiaque à déguster entre amis, en famille, en amoureux, sous les étoiles.

 

C.M. : Les concerts ont lieu dans des lieux sublimes à nuls autres pareils…

H.K. : Effectivement. A Marseille, ils auront lieu dans les Jardins du Palais Longchamp où le festival est né en l’an 2000. Mais aussi au Centre de la Vieille Charité, au Théâtre de La Sucrière, à l’Abbaye Saint-Victor, au Théâtre Silvain, au Conservatoire Pierre Barbizet, au Mucem.

 

C.M. : Quel est la spécificité du Marseille Jazz des Cinq Continents Festival ?

H.K. : Nous luttons contre les supermarchés de la culture, l’organisation mercantile de la culture. Nous sommes une alternative organique. Le Jazz ouvre la voie de l’émancipation, permet de se retrouver, d’échanger, pas de consommer.

 

C.M. : Quelle a été votre première émotion artistique en écoutant du Jazz ?

H.K. : Sans hésitation, Köln Concert de Keith Jarret.

 

Catherine Merveilleux

 

Le programme du festival


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