Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

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2084. La fin du monde de Boualem Sansal

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, délégué de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie, le totalitarisme et la soumission à un dieu unique. Son système est fondé sur l’amnésie et l’obéissance aveugle à Dieu. Il semble qu’il y ait eu plusieurs guerres saintes et plusieurs holocaustes nucléaires, mais personne ne se penche sur le passé ni ne s’interroge sur l’avenir.

Les Abisteni manquent de tout. La peste, la lèpre, la tuberculose sont endémiques et déciment la population, mais ils acceptent tout, soumis et consentants.Toute pensée personnelle, a fortiori critique est prohibée et les fous d’Abi à qui le cerveau a été retiré dès l’enfance veillent à ce qu’aucune pensée déviante ne vienne faire vaciller le système. Sous l’empire de la pensée unique, il est interdit de penser, de réfléchir, de lire ou d’emprunter la Route interdite, de franchir la frontière et de quitter le royaume de la foi pour le néant. Tout contrevenant et tout mécréant doit subir les foudres de l’enfer et les pires châtiments. L’Arrogant qui déroge à la loi de Yölah sera énucléé, démembré, brûlé et ses cendres seront dispersés par le vent. Tous ses proches subiront eux aussi un terrible châtiment. Ati, le héros du roman vient de passer un an dans un sanatorium et un an sur les routes pour rejoindre la ville dont il originaire, Quodsabad. Peu à peu, le doute s’insinue dans son esprit. Il se sent vaciller dans ses certitudes et assailli de questions, se lance dans une quête initiatique sur l’existence d’un autre monde peuplé de renégats qui vivent dans les ghettos sans le recours de la religion. Il devient rapidement l’ennemi public n° 1 et est considéré comme un suppôt de Chitan appelé Balis en Abiland, mais il poursuit irrésistiblement sa quête de vérité.
Santal Bouallem au fil de ce roman épique et initiatique, s’inscrit dans la tradition d’Orwell pour dénoncer les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace nos démocraties. Sa description d’un après Djihad est apocalyptique. Toutes les cultures et toutes les civilisations ont été annihilées et tous les vestiges du passé ont été détruits et seuls quelques nostalgiques comme Toz s’efforcent de préserver les reliques du passé dans un musée secret. La dictature d’un état totalitaire régi par la Charia dont les lois sont dictées par le Coran appelé Gkabul dans le roman est admirablement décrite. Ce livre est un véritable pamphlet contre l’Islamisme radical. C’est un roman très critique qui dénonce le radicalisme religieux islamiste qui menace de plus en plus nos démocraties occidentales. Le roman «Soumission» de Michel Houellebecq  décrivait la conquête de l’Occident par la séduction et la manipulation, 2084 est encore plus inquiétant car il montre cette conquête par le terrorisme, le Djihad, la Barbarie et l’anéantissement de notre civilisation dans une terrifiante apocalypse.
Né en 1949, Boualem Santal vit à Boumerdès, près d’Alger. Son œuvre a été récompensée par de nombreux et prestigieux prix littéraires, en France et à l’étranger.

2084. La Fin du monde. Un roman de Bouallem Santal. Editions Gallimard

Catherine Merveilleux


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