Le Jour et La Nuit
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Raymond Depardon : un Moment si doux au Mucem

L’exposition temporaire, « Un moment si doux » a lieu au Mucem du 29 octobre au 2 mars. Rien, si ce n’est la passion,  ne destinait Gérard Depardon, né dans une ferme, à devenir un de nos plus grands photographes contemporains. Ses parents étaient, en effet, cultivateurs dans la vallée de la Saône. Très vite, il emprunte le petit appareil photo que son frère a reçu pour son anniversaire et commence par par photographier son environnement le plus proche : les canards, les chats, le chien de la ferme. Avec son argent de poche, il s’achète une chambre d’occasion. A 16 ans, il monte à Paris  et devient l’apprenti du photographe Louis Foucherand. «Je l’aidais à développer des films. Je faisais avec lui des reportages un peu décalés. C’est ainsi qu’en 1958, j’ai photographié Edith Piaf. », se souvient-il. Il devient ensuite photographe reporter et entre 1970 et 1980 , il travaille pour de grandes agences comme Dalmas, Gamma, Magnum. Il devient rapidement le peintre de la lumière et de la couleur. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas le scoop, l’événement en lui même, mais son impact sur le réel, sur la vraie vie. Au Chili en 1971, à Beyrouth en 1978, à Glasgow en 1980, il immortalise ce qui se passe en marge de l’Histoire. Au Chili, par exemple, deux ans avant la mort de Salvador Allende, il photographie les Indiens Mapuche qui luttent pour vivre sur la terre de leurs ancêtres. A Beyrouth, il ne photographie pas la guerre civile mais ses conséquences. Dans les années 2000, il redécouvre les lumières et la couleur à travers les paysages de l’Ethiopie, de l’Amérique du Sud, et des palmeraies tchadiennes. Pour mettre en place l’exposition « Un Moment si doux », il est spécialement retourné en Ethiopie, au Tchad, en Bolivie, à Hawaï et aux Etats-Unis. Il a aussi pris un certain nombre de clichés à Marseille. Peintre de la lumière, de la couleur, ses photographies sont empreintes de nostalgie, notamment de souvenirs de son enfance à la ferme et teintées d’orientalisme inspiré par ses reportages aux confins du Monde. Il sait saisir les moments si doux qui font le sel de l’existence, ces moments sans tapage, sans esclandres, sans scoops qui sont, en fait, l’intrinsèque et l’essentiel de notre existence en tant qu’hommes. Une exposition sous forme de récit autobiographique, de réminiscences, de fragrances exotiques et des moments si doux qui sont tout ce qui restera quand le vent aura tout emporter. Nomade et solitaire, il incite à la réflexion plus que les grands reporters dont les clichés jouent sur l’émotion immédiate et fugitive et l’ éphémère. Un véritable artiste. Une exposition à ne pas manquer.

Mucem. Musée des Civilisations et de l’Europe & de la méditerranée
1 esplanade du J4-CS 1051
13213 Marseille Cedex 02
Métro Vieux-Port ou Joliette
Tram T2 République/Dames ou Joliette
Parking Vieux-Port/Fort Saint Jean
Horaires d’hiver du 1° novembre au 30 avril : 11h-18h

Catherine Merveilleux