Marie-Hélène Leroux, réalisatrice de Muganga © Catherine Merveilleux pour JNP
Le synopsis est le suivant : Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.
Le film montre admirablement comment le viol du corps des femmes est utilisé comme une arme pour semer la terreur parmi la population congolaise. Lorsque l’un des personnages demande : « Pourquoi ne tuent-ils pas ces femmes après les avoir violées? « La réponse est édifiante : On ne les tue pas pour les laisser parler. La peur est plus forte que la mort. »
Un film qui montre à quel point « L’Homme est un loup pour l’Homme » comme l’écrit Hobbes et jusqu’où peut aller la Barbarie. Une phrase du film redonne cependant fois en l’humain. Celle que prononce le docteur Mukwege qui déclare : « Autrefois, je me posais la question de savoir s’il y avait une vie après la mort alors que la question essentiel est de savoir s’il y a une vie avant la mort car ce qui est primordial est de savoir aider et aimer ceux qui nous entourent et qui ont besoins de nous. »
Bravo à Marie-Hélène Roux qui est née en Afrique, qui y a vécu de longues années et a mis 10 ans à pouvoir réaliser ce film courageux qui, on le conçoit, peut déranger car il dénonce le colonialisme et les intérêts mercantiles qui conduisent à des exactions barbares extrêmes et inhumaines.
Un film qui relativise aussi les combats féministes dans notre société occidentales où les femmes poussent des cris d’orfraies pour un mâle gaze ( regard appuyé de la part d’un homme, une remarque un peu lourde, alors que certaines femmes vivent des agressions sexuelles sauvages qui les dévastent physiquement et psychologiquement.
Un film marquant, à l’issue duquel, tous les spectateurs qui l’ont vu sont ressortis bouleversés et conscients qu’il y a plus grave que la non-observance de l’écriture inclusive quand certaines femmes subissent des actes d’une barbarie inimaginable et que leur corps est utilisé par des terroristes comme arme de guerre pour créer une psychose et conquérir des territoires.
Interdit -12 ans avec avertissement
De Marie-Hélène Roux
Avec Isaac de Bankolé et Vincent Macaigne
Catherine Merveilleux
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