L’histoire est la suivante : Avec Paris et le journalisme comme arrière-plans, Paul, le narrateur, se rappelle 1978, l’année de ses débuts au Figaro, puis à l’Alerte, un des grands hebdomadaires parisiens. L’époque aussi où il sortait beaucoup la nuit, notamment au Palace. Cette année fut pour lui l’occasion d’observer avec un esprit critique exacerbé et beaucoup d’ironie le milieu intellectuel et universitaire (Vincennes, Foucault, Barthes, Deleuze...) de l’époque et de le décrire avec un humour souvent noir et caustique.
À Vincennes, il croise Xerxès Salamanji, un étudiant iranien séduisant aussi brillant que provocateur, mordant, misanthrope et impitoyable pour l’intelligentsia française. Leur amitié mène le narrateur à faire la connaissance de la sœur de Xerxès, Nazanine, belle, jeune, cultivée, vive, mystérieuse et entière. Tombés amoureux au premier regard , ils vivent un été passionné en Bretagne. Mais le ciel s’ encombrent de nuages de plus en plus sombres au fur et à mesure qu’en Iran, la situation se dégrade. Alors que les grandes plumes de son journal s’enthousiasment pour un futur état islamique dont elles ne voudraient à aucun prix en France, Nazanine s’indigne de ces Français qui adorent les tyrans à l’étranger. Elle veut retourner à Téhéran pour sauver son père car à plusieurs milliers de kilomètres de là, l’Iran est en train de brûler et de basculer dans l’islamisme.
De Paris à Téhéran
En 1978, la contestation contre le shah prend une ampleur que plus personne ne semble pouvoir contrôler. Ce qui est d’abord observé depuis Paris comme une révolution lointaine va bientôt bouleverser directement la vie des deux amants. Nazanine doit retourner à Téhéran pour tenter de sauver son père. Paul reste d’abord en France, au cœur d’une rédaction fascinée par les événements iraniens et par cette révolution dont certains imaginent encore qu’elle porte les promesses d’un monde nouveau. Mais à mesure que l’Iran change de visage, les enthousiasmes s’effacent. La révolution confisque peu à peu les libertés qu’elle était supposée apporter. Le pays se referme, les femmes se voilent et les illusions occidentales se dissipent. Paul n’a bientôt plus qu’une obsession : retrouver Nazanine…
Le roman relate comment un événement politique majeur bouleverse une histoire d’amour entre un homme et une femme qui doivent affronter quelque chose qui les dépasse. Que reste-t-il d’une belle histoire d’amour lorsque les frontières se ferment, que les régimes changent et que les certitudes s’effondrent ?
Le roman dénonce le regard de l’Occident sur la révolution iranienne. À travers Paul et le grand hebdomadaire qui l’emploie, Gilles Martin-Chauffier évoque ces observateurs français séduits, au moins dans un premier temps, par la chute du régime du shah, avant qu’ils ne découvrent la triste réalité politique qui suit la chute du shah. L’histoire sentimentale devient alors aussi une histoire de désillusion. Entre Paris et Téhéran, entre les nuits du Palace et la violence de l’Histoire, Gilles Martin-Chauffier choisit donc le romanesque pour raconter le moment où une génération découvre que les révolutions ne conduisent pas toujours là où leurs premiers défenseurs l’avaient imaginé.
Cette histoire qui se pass en 1978 a une résonance très contemporaine car derrière Nazanine se dessine aussi la question de la liberté des femmes iraniennes, devenue aujourd’hui indissociable de l’image du pays.
Sortie le 16 septembre.
Nazanine
Gilles Martin-Chauffier
Éditions Albin Michel
288 pages
Parution : 16 septembre 2026
Prix : 21,90 €
Catherine Merveilleux
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