Il existe des festivals dont le lieu constitue déjà une partie du spectacle. Rire en Vignes appartient incontestablement à cette catégorie. Depuis 2014, le Château de Saint-Martin dont les propriétaires sont Adeline de Barry et son époux Renaud de Barry, transforme, le temps de deux soirées estivales, son parc entouré de vignes en une vaste scène d’humour à ciel ouvert. Une bastide du XVIIIe siècle, des jardins, les parfums de la Provence et le ciel étoilé composent le décor naturel de ce rendez-vous désormais bien installé dans le paysage culturel varois.
L’humour, le vin et la convivialité
Le concept de Rire en Vignes repose sur une association aussi simple que séduisante : réunir le spectacle vivant, la découverte des vins et la gastronomie dans une atmosphère décontractée.
Dès 19 h 30, bien avant le lever de rideau, les visiteurs sont invités à profiter du domaine, à déguster les vins du Château de Saint-Martin et à se restaurer auprès des différents food-trucks présents. Le spectacle débute ensuite à 21 h 30, lorsque la chaleur retombe et que la nuit commence à envelopper les jardins.
Ici, pas de grande salle impersonnelle ni de parcours précipité entre l’entrée et le fauteuil. Rire en Vignes cultive au contraire un esprit intimiste et épicurien. Le public prend le temps de s’installer, de partager un verre, de dîner et d’échanger avant de découvrir l’artiste programmé. Le festival favorise également la rencontre entre les spectateurs et les humoristes à l’issue des représentations.
La Bajon ouvre le festival avec son spectacle Zen
Vendredi 24 juillet, La Bajon avait la responsabilité d’ouvrir cette treizième édition avec Zen, son nouveau spectacle. Un titre qui pourrait laisser imaginer une soirée paisible et contemplative. Mais lorsqu’il s’agit de La Bajon, la sérénité annoncée est nécessairement traversée par l’ironie, la provocation et une bonne dose d’impertinence.
Sur la scène installée dans le parc du château, l’humoriste s’est présentée fidèle à ce qui fait sa singularité : une parole directe, un regard incisif sur la société et une capacité exceptionnelle à transformer les contradictions de notre époque en matière comique.
Pensé pour favoriser l’interaction avec le public, Zen permet à La Bajon de se dévoiler davantage, tout en conservant son humour caustique. L’artiste interroge notamment la place du rire dans une société où chacun surveille ses mots, ses réactions et parfois même ses pensées. Peut-on encore rire de tout ? Comment rester soi-même dans un monde qui semble vouloir imposer à chacun la bonne manière de parler, de penser et de se comporter ?
Rire pour résister aux absurdités du monde
La Bajon ne recherche pas la tranquillité au sens d’un renoncement ou d’une indifférence. Sa conception du « zen » passe plutôt par une forme de libération : accepter les imperfections de l’existence et apprendre à rire de ce qui pourrait autrement nous exaspérer. Actualité, rapports sociaux, comportements contemporains et injonctions contradictoires nourrissent un spectacle engagé, mais profondément humain. La satire n’exclut jamais une certaine tendresse pour celles et ceux qu’elle observe.
Sous les étoiles de Taradeau, cette première soirée a parfaitement illustré l’esprit de Rire en Vignes : un humour sans filtre, partagé dans un cadre élégant mais sans cérémonial, avec cette proximité particulière que seul le spectacle vivant peut créer.
Le festival s’est poursuivi le samedi 25 juillet avec Jérôme de Warzée. L’humoriste belge, notamment connu comme créateur et animateur du Grand Cactus qui présentait son nouveau seul-en-scène, Va au diable !
Catherine Merveilleux
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