Le Jour et La Nuit Presse
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Anne Parillaud, Farida Khelfa, Richard Anconina, Jacques Fieschi, Éric Fraticelli

Cassis fait son cinéma. Une première édition très réussie

Trophées dorés en forme d’étoiles de mer du festival de cinéma de Cassis

Les Trophées

Un port comme un décor, la Méditerranée en toile de fond, des histoires plein les yeux et la passion du cinéma au fond du cœur… Du 16 au 20 octobre 2026, Cassis accueillait la première édition de son Festival du cinéma français, baptisé « Plans Séquences ». Sous la présidence d’honneur de Claude Lelouch, cette nouvelle aventure a réuni films, artistes et public autour d’une même passion. Au palmarès, La Gradiva, de Marine Atlan, se distingue avec trois récompenses.

Pendant cinq jours, le festival a vibré et a proposé dans le cadre paradisiaque de Cassis une vingtaine de longs-métrages, dont six films en compétition, ainsi que des films d’animation, des documentaires et de grands classiques du cinéma français.

Prise de parole au pupitre pendant le festival Plans Séquences à Cassis

Évelyne Bouix, maîtresse de cérémonie, membre du jury

La mer pour horizon, le cinéma pour rendez-vous

Il est des villes qui semblent attendre leur premier clap. Cassis appartient à celles-là. Les façades du port, les bateaux doucement alignés, la silhouette du cap Canaille : le décor possède déjà cette force d’évocation qui donne envie d’inventer des personnages et de les suivre.

Pendant cinq jours, du 16 octobre au 20 octobre, le cinéma français y a trouvé deux points d’ancrage : l’Oustau Calendal et le Centre culturel. Une vingtaine de longs métrages figuraient au programme, entre compétition, documentaires, animation et patrimoine. À la Rotonde, les masterclass prolongeaient les projections pour ouvrir la conversation sur les métiers, les parcours et la création. Une manière de rappeler qu’un festival se nourrit autant de rencontres que d’images.

Dans cet écrin méditerranéen, « Plans Séquences » défend une idée séduisante : rapprocher les spectateurs de celles et ceux qui font les films. Le charme de Cassis fait le reste. Entre deux séances, le paysage offre cette respiration particulière qui laisse aux émotions le temps de poursuivre leur chemin.

 

Claude Lelouch, un parrain pour transmettre la passion

Confier la présidence d’honneur à Claude Lelouch donnait à cette naissance une couleur particulière. Celle d’un cinéma qui croit aux rencontres, aux élans du cœur et aux vies qui bifurquent.

Le programme lui réservait une masterclass et la projection d’Itinéraire d’un enfant gâté. Un autre hommage prenait une forme délicieusement cassidaine : un banc à son nom, inauguré face au paysage. Nicole Garcia et Anne Parillaud figuraient également au programme de ces inaugurations. Des bancs pour regarder la mer, se retrouver, laisser vagabonder son imagination… Le cinéma pouvait difficilement rêver plus jolie invitation à prolonger la séance.

Échange entre deux participants à l’arrivée du festival de cinéma de Cassis

Retrouvailles à la gare entre Claude Lelouch et Richard Anconina

Inauguration du banc Claude Lelouch au festival de cinéma de Cassis, photo en couleur

Claude Lelouch inaugure son banc en compagnie des autres membres du jury et de Danielle Milon, maire de Cassis

Richard Anconina et un jury aux regards croisés

La compétition officielle était placée sous la présidence de Richard Anconina. À ses côtés, Jacques Fieschi, scénariste, réalisateur et écrivain , Éric Fraticelli, acteur, réalisateur et scénariste Anne Parillaud, actrice et auteure et Farida Khelfa, comédienne et réalisatrice.

Cinq parcours, cinq sensibilités pour départager les six longs métrages sélectionnés. L’écriture, l’incarnation, la mise en scène : autant de portes d’entrée dans les œuvres, autant de raisons de confronter les émotions et les convictions.

Les habitants étaient eux aussi associés à l’aventure : un jury des Cassidens, présidé par Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie-Française, était chargé d’attribuer le prix du public. Une place donnée au regard des spectateurs dans cette première édition.

 

Le jury cassidain

Le jury composé d’habitante et d’habitants de Cassis (Marie Pierre Baille, Marrie Hélène Feynas, Elisabeth Capmeil et Alain Frébault était présidé par Françoise Gillard, actrice et comédienne sociétaire de la comédie française

Le Jury presse était présidé de Cédric coppola et composé de victoire Delprat, Kilian Forges, Fabrice Leclerc Ségolène Alunni.

Quatre participants sur scène lors d’une prise de parole au festival Plans Séquences

Françoise Gillard, présidente et le Jury cassidain

Six films en compétition

La sélection réunissait six propositions traversées par les questions d’émancipation, de solitude, d’ambition et d’appartenance.

Avec L’Âge d’or, Bérenger Thouin dessine une destinée romanesque. Jeanne Lavaur traverse le XXe siècle, de son enfance dans une famille de bouchers à son rêve de devenir comtesse. Souheila Yacoub et Vassili Schneider figurent notamment au générique de cette trajectoire qui croise les bouleversements de l’Histoire, de Paris au Brésil.

Dans Les Filles d’Abraham, Hanaël El Yousfi ramène le regard vers Marseille. Myriam, de culture musulmane, retrouve Eva, issue d’une famille juive. Leur jeunesse cherche son espace de liberté, jusqu’à ce qu’un drame vienne ébranler leur entourage et leurs destins. Une histoire d’amitié confrontée au poids des appartenances et des cadres familiaux.

Avec La Gradiva, Marine Atlan conduit des lycéens français à Naples et à Pompéi. Le voyage scolaire devient le théâtre d’un trouble adolescent où désir et colère affleurent. Aux corps figés dans les ruines répondent les bouleversements d’une jeunesse en mouvement. Au casting, notamment : Colas Quignard, Suzanne Gerin Henry, Mitia Capellier-Audat et Antonia Buresi.

Pierre Le Gall emprunte les routes avec Du fioul dans les artères. Étienne, routier dont la vie affective se résume à des rencontres passagères, voit sa solitude bousculée par Bartosz, un camionneur polonais. Alexis Manenti et Julian Swiezewski portent cette histoire où la rencontre amoureuse ouvre une brèche dans une existence enfermée dans ses habitudes.

Dans Les Yeux verts, Fanny Liatard et Jérémy Trouilh font dialoguer le réel et le rêve. Chaya, onze ans, vit dans les Landes. Lorsque sa famille apprend son expulsion, son frère Nour s’enfonce dans un sommeil mystérieux. Pour le retrouver, la petite fille entreprend de rejoindre ses rêves. Un récit qui place l’imaginaire au cœur d’une lutte contre la disparition et l’arrachement.

Enfin, Chercheurs, d’Aurélien Peilloux, pousse la porte d’un laboratoire parisien. Agathe, jeune chimiste interprétée par Galatea Bellugi, y commence sa thèse avec enthousiasme. Mais son ambition rencontre une directrice toxique et un environnement hostile. Aux côtés de Stefan Crepon et d’Emmanuelle Devos, elle découvre les rapports de force qui peuvent se cacher derrière la recherche d’excellence.

 

Palmarès

Deux participantes devant l’affiche du festival Plans Séquences à Cassis

Louisa Maurin et Martine Vassal

À l’issue de cette première compétition, le premier long métrage de Marine Atlan, La Gradiva, remporte trois prix. Une distinction multiple qui place le film au premier plan de cette édition inaugurale dont le Grand Prix. Les autres films récompensés sont: Les Filles d’Abraham, de Hanaël El Yousfi : Prix du jury. Du Fioul dans les artères, de Pierre Le Gall : Prix du public. L’Âge d’or, de Bérenger Thouin : Mention spéciale.

Mon avis : Une belle édition. Impatiente de vivre la deuxième …

Trois participants sur la scène du festival Plans Séquences à Cassis

Richard Anconina, Anne Parillaud, Éric Fraticelli

Catherine Merveilleux

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