Catherine Merveilleux : C’est symbolique et emblématique de présenter la première édition du Shaike film Festival au cinéma l’Eden à la Ciotat …
Jérémy Angelier : Effectivement car l’Eden est le plus vieux cinéma du monde et que c’est là que les frères Lumières ont projeté la célèbre arrivée du train dans la gare de la Ciotat pour la première fois.
CM : Combien de pays ont participé et combien de films ont été présentés ?
JA : Plus de 40 pays ont participé et 470 films ont été présentés.
CM : Comment ont été jugées les films ?
JA : Toutes les œuvres ont été jugées selon les mêmes critères. Qu’elles aient été réalisées avec l’IA ou pas.
CM : Qu’est ce que compte le plus ? Quels sont les critères ?
JA : La qualité. L’histoire. Le scénario. Pas de bon film sans un bon scénario. Les belles images ne suffisent pas.
CM : Qu’est ce que le Shaike index ?
JA : Les candidats doivent déclarer si leur film est traditionnel, Full IA (c’est à dire 100% IA) ou hybride, quels outils ont été utilisés et si le scénario a été généré par l’IA.
CM : Qu’est ce qui fait un bon film ?
JA : Ce qui fait un bon film? Pour parodier un Grand du cinéma : c’est un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario comme l’a dit Steven Spielberg. Le scénario est la clé de tout. Les belles images ne suffisent pas. L’émotion doit être présente. Le film doit toucher le cœur mais aussi la tête et faire réfléchir. L’IA est un outil qui est est au service de l’histoire.
CM : Avez-vous une ligne rouge à ne pas dépasser et quelle est-elle ?
JA : Pour ma part, je tiens à la présence de comédiens. J’utilise des comédiens et comme je vous l’ai dit, pour moi un bon scénario est essentiel. La ligne rouge est bien sûr éthique et juridique.
CM : Parlez moi des Love letters qui viennent d’avoir lieu aux Halles Lumières…
JA : Durant le Shaike festival, 100 réalisateurs de 30 pays différents ont créé une œuvre d’une minutes avec Dreamina AI, un outil à la pointe de l’IA. La thématique était de réaliser une déclaration d’amour au cinéma.
CM : Est-ce que l’iA représente une menace pour les scénaristes, pour les acteurs ?
JA : C’est un risque. C’est pourquoi ce festival est important car nous ne sommes pas dans la confrontation mais dans la complémentarité.
CM : Est ce que le jury a visionné toutes les œuvres ?
JA : Non, il y avait un comité de sélection.
CM : Quelles différences entre les AI Filmmakers et les AI creators ?
JA : Les premiers connaissent les codes, sont de vrais professionnnels. Les AI creators sont les nouveaux arrivés.
CM : L’intervention de l’IA peut-elle permettre à de de jeunes cinéastes d’émerger ?
JA : Je pense que oui car les coûts de production sont beaucoup moins importants grâce à l’outil IA. Par exemple, le film peut être tourné sur fond vert et les décors et les costumes rajoutés ultérieurement. Le résultat peut être excellent. Pendant le Festival nous avonspu visionner Freedom de Workflow Production qui est un film documentaire hybride polonais tourné par Maxime Rossa dans un studio tout pourri. L’IA a été utilisée en post prod pour les effets spéciaux, les décors et les costumes et le résultat est très concluant.
Catherine Merveilleux
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