Lula Cotton-Frapier et Barbara Probst
Le Paris de 1889 s’apprête à célébrer son Exposition universelle et à inaugurer la Tour Eiffel. Une capitale en pleine effervescence, vitrine de la modernité, mais dans laquelle les destins restent profondément déterminés par la naissance, l’argent et le sexe.
C’est dans cette France-là que Nourrices, nouvelle série destinée à France 2, installe son intrigue dont le premier épisode a été présenté le 18 septembre au Grand Théâtre de La Coursive, dans le cadre des « Fictions événements » du Festival de la Fiction de La Rochelle. La série compte six épisodes de 52 minutes.
L’histoire : À Paris en 1889, Rose quitte le Morvan avec l’espoir de gagner suffisamment sa vie pour offrir un meilleur avenir à son bébé. Elle devient nourrice au service d’une famille bourgeoise, mais découvre qu’elle ne peut garder son propre enfant auprès d’elle. Odette, sage-femme, lui fait comprendre la dureté de cette règle. Rose imagine alors un stratagème risqué autour de l’enfant d’Hélène de Gersande, une femme récemment frappée par la mort de son nourrisson. Ces trois femmes, que leur milieu social oppose presque en tout, vont être contraintes de s’entraider pour défendre leur place et leur liberté dans un monde largement dominé par les hommes.
Une réalité historique longtemps méconnue
Si l’intrigue de Nourrices relève de la fiction, le monde qu’elle décrit a réellement existé. Au XIXe siècle, le Morvan fut l’un des principaux viviers de nourrices de la bourgeoisie parisienne. Certaines accueillaient chez elles des enfants venus de la capitale : les « nourrices sur place ». D’autres quittaient leur foyer pour rejoindre Paris et allaiter l’enfant d’une famille aisée : les « nourrices sur lieu ». Pour ces femmes issues de familles rurales souvent pauvres, partir pouvait représenter une véritable opportunité économique. Vers 1860, une nourrice employée directement dans une famille parisienne pouvait gagner environ deux fois plus qu’une femme allaitant à son domicile, auxquels s’ajoutaient parfois cadeaux et avantages en nature. Mais le prix à payer était considérable : quitter son foyer, son mari et surtout, dans certains cas, son propre bébé.
C’est précisément dans cette contradiction que Nourrices trouve sa force dramatique : le lait maternel devient à la fois moyen de subsistance, objet de commerce, instrument de domination et possibilité d’émancipation.
La confrontation des classes sociales devrait également constituer l’un des fils rouges de la série. Car Rose et Hélène sont séparées par presque tout : l’argent, l’éducation, le statut et les perspectives d’avenir. Mais leur condition de femmes et de mères crée entre elles un territoire beaucoup plus complexe que la traditionnelle opposition entre domestiques et maîtres.
Casting : Le rôle de Rose est confié à Lula Cotton-Frapier, tandis que Barbara Probst incarne Odette et Alexia Giordano Hélène de Gersande. Autour d’elles, la distribution réunit aussi Jonathan Zaccaï, David Kammenos, Cécile Rebboah, Olivia Côte, Anne Coesens, Lauréna Thellier, Ralph Amoussou, Younès Boucif et Baptiste Carrion-Weiss.
La réalisation est partagée entre Savina Dellicour et Vania Leturcq, sur un scénario d’Alexandra Echkenazi et Vincent Robert.
La musique originale est signée Florencia Di Concilio.
La production est assurée par Lincoln TV, avec France 2/ France Télévisions, Panache Productions et La Compagnie Cinématographique en coproduction.
France 2, France Télévision, Alexandra Echkenazi et Vincent Robert, Nourrices, Festival de la Fiction de La Rochelle
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