Le Jour et La Nuit Presse
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Le grand débat présidentiel. Alexandre Loubet,  Manuel Bompard, Sarah Knaffo, Olivier Faure, Xavier Bertrand.

© CatherineMerveilleux pour JNP

Intelligence artificielle. Débat sur les futures présidentielles et l’Education à l’AIM

Les 24 et 25 septembre derniers, l’Artificial Intelligence Marseille (AIM) a réuni au stade Vélodrome entrepreneurs, chercheurs et responsables politiques. Deux séquences ont donné la mesure des problématiques qui nous attendent dans l’avenir: un échange sur l’Education à l’ère des machines intelligentes, puis un débat consacré à l’IA dans la Présidentielle de 2027.

Une intelligence artificielle capable de rédiger, de traduire, de créer des images ou d’aider à établir un diagnostic. Ce qui relevait hier de la démonstration technologique entre désormais dans la vie quotidienne de tous les Français. À Marseille, l’AIM s’est posé les questions de savoir : Qui décidera de la place que prendra l’IA dans notre société, dans l’Education et quels impacts négatifs pourrait entraîner cette révolution sans précédent qui est un véritable Tsunami ?

 

 

Des progrès remarquables mais des effets négatifs potentiels

 

De nombreux intervenants ont salué les remarquables progrès de l’IA en matière de santé, en matière de gain de temps et de coût pour les entreprises, mais se sont aussi interrogés sur les effets parfois négatifs de l’I.A. sur l’Emploi, l’Education, la Création et l’Information.

 

Derrière chaque progrès un choix et une réflexion collective s’imposent. En effet, comment former les salariés dont les métiers changent ? Comment protéger les données personnelles et rémunérer les œuvres utilisées? Comment éviter les fake news. Comment profiter de cette technologie novatrice sans dépendre entièrement des entreprises et des Etats qui la contrôlent ? Le programme de l’AIM a consacré de nombreux et riches échanges à ces enjeux stratégiques, ainsi qu’aux problèmes de la souveraineté numérique et des infrastructures nécessaires à l’I.A.

 

Les Robots humanoïdes. La Prochaine grande bataille de l’I.A.

 

Les intervenants, Alain Patchong, Rémi Cadene, Cécile Vercellino, Antoine Clerget étaient d’accord sur l’innovation et les progrès considérables que représentaient les robots humanoïdes mais ont insisté sur la question de savoir : quelle place l’Europe pouvait prendre dans cette nouvelle industrie, face aux Etats-Unis et à la Chine ? Le problème de la souveraineté de la France est en effet crucial car qu’elle perde son autonomie dans ce domaine comme dans tant d’autres serait catastrophique…

 

Laurent Alexandre et Laurence Devillers : Quelle école pour demain ?

 

La clôture de la première journée réunissait le médecin et entrepreneur Laurent Alexandre et la chercheuse Laurence Devillers autour d’un thème : « Comment éduquer les humains à l’ère des machines intelligentes ». L’intitulé résume un défi que ni les parents ni les enseignants ne peuvent ignorer. Lorsqu’un outil produit en quelques secondes une dissertation ou la solution d’un exercice, que doit apprendre un élève pour comprendre, juger et créer par lui-même ?

Selon Laurent Alexandre, l’état des lieux est catastrophique comme le dénonce le rapport Pisa et   « il faut s’adapter à ce Tsunami technologique sans précédent  car l’IA galope très vite et  il faut que le Mammouth soit agité » . Il faut aussi déterminer quels seront les métiers du futur et apprendre aux enfants d’aujourd’hui à exercer leur esprit critique, leur mémoire et à savoir se passer de Chat GPT car explique -t-il: « En tant que père de famille nombreuse la diminution de performance des enfants m’angoisse. »

La réponse dépasse la simple maîtrise des logiciels. Savoir interroger une I.A., vérifier ses affirmations et reconnaître ses erreurs devient impératif. Il faut aussi préserver ce qui permet d’en faire bon usage, avoir des connaissances solides, un esprit critique et la capacité à défendre un raisonnement personnel. L’outil peut aider à apprendre. Il ne peut décider à la place de l’être humain ce qui mérite d’être cru.

 

 

La présidentielle face à l’I.A.

 

Les huit participants étaient des responsables politiques et des représentants de formations engagées dans la perspective de 2027, mais ils n’étaient pas tous candidats à l’élection. Olivier Faure, Manuel Bompard, Xavier Bertrand, Sarah Knafo et Alexandre Loubet ont pris part à la première séquence ; Laurent Marcangeli, Paul Midy et David Cormand à une seconde. Raphaël Glucksmann, Jordan Bardella et Dominique de Villepin, annoncés en amont, n’étaient pas présents.

 

La plupart des intervenants se sont accordés sur le fait qu’il était impératif que dans le domaine de l’I.A. ( NDLR comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs..). la France et l’Europe gardent leur souveraineté.

 

Un accord général entre les intervenants s’est dessiné sur la nécessité pour la France et l’Europe de garder une capacité d’action dans l’I.A. face à la Chine et aux Etats-Unis. Cependant dès qu’il s’est agi de choisir les moyens, des divergences sont apparues. Quelle place donner à l’investissement public et aux entreprises privées ? Faut-il concentrer les efforts sur les grands modèles d’I.A., ou sur des domaines où l’Europe dispose déjà de compétences ? Jusqu’où réglementer sans freiner la recherche et les entreprises françaises ? Comment protéger l’emploi ? La question de la protection des créateurs, dont les œuvres peuvent alimenter les systèmes d’I.A., a également été évoquée.

 

Axelle Lemaire François Soubien, Asma Mhalla et David Djaïz. L'animation était assurée par Sylvain Rolland

 

La révolution de l’IA permet bien des innovations et bien des progrès

 

La révolution de l’I.A. implique une réflexion politique. L’I.A. pourra modifier de manière conséquente la manière de travailler, d’apprendre, de s’informer, de créer et de soigner. Ses innovations et ses progrès sont, en effet, incroyables en matière de santé, de détection de cancers et de facilitation dans de nombreux domaines professionnels Cependant, ses effets et ses bénéfices dépendront des règles que nous choisirons d'appliquer et des moyens que nous consacrerons pour aider ceux qui devront s’adapter à ces innovations. Il est, en effet, impératif que dans ce domaine une certaine éthique soit respectée et des normes établies.

 

À Marseille, l’AIM a ainsi ouvert un débat appelé à durer bien au-delà de ces deux journées. Pour la Présidentielle, les déclarations d’intention ne suffiront pas : il faudra apporter des réponses précises et claires sur l’Ecole, l’Emploi, la Culture, la souveraineté et la confiance dans l’information. C’est à cette condition que la révolution de l’I.A. pourra devenir un projet de société discuté par tous et viable pour tous.

 

 

La révolution de l’IA risque de créer une Job Apocalypse

 

L’expression anglaise « Job apocalypse » signifie « Apocalypse de l’Emploi ». Elle évoque un scénario dans lequel l’intelligence artificielle et les robots supprimeraient massivement des emplois, plus vite que de nouveaux métiers pourraient apparaître.

 

Cela concernerait aussi bien des tâches administratives — saisie, comptabilité courante, service client — que certaines activités de rédaction, de traduction, de programmation ou de production industrielle.

 

De nombreux intervenants, lors de l’AIM, se sont en effet montrés préoccupés par le risque d’une recrudescence du chômage sans précédent. La question est de savoir ce qui se passera à plus ou moins brève échéance, c’est à dire si nous assisterons à :

 

L’automatisation de tâches : l’IA réalisera une partie du travail, mais le poste demeurera.

La disparition de postes : une entreprise produira autant avec moins de salariés.

La transformation des métiers : les salariés utiliseront l’IA et leurs missions évolueront.

 

Bref. Est-ce-que les reconversions et les emplois créés  suffiront-ils à compenser les emplois supprimés, et à quelle vitesse ? Une question primordiale à laquelle devront répondre l’Ecole et nos futurs dirigeants politiques. Il en va de notre avenir.

 

 

Catherine Merveilleux

 

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