Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

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Picasso, un génie sans piédestal. Une exposition somptueuse au Mucem

Le Mucem présente du 27 avril au 29 août une somptueuse exposition de 270 œuvres qui mettent évidence comment Pablo Picasso, artiste qui marqua son siècle et son époque, profondément attaché à ses racines espagnoles, a toujours nourri son œuvre d’influences nourries des Arts et Traditions populaires.

 

 

Les réminiscences de son son passé et ses racines espagnols ont toujours influencé l’inspiration de cet immense artiste irrésistiblement fasciné par l’univers de la tauromachie (Tête de taureau), du cirque (l’Acrobate bleu), du jouet et de la féminité (Jacqueline à la mantille). Picasso, à la suite de diverses rencontres avec des artisans qui travaillent le bois, la céramique, la tôle découpée, la linogravure et même l’orfèvrerie, a enrichi son œuvre grâce à ces diverses influences car il n’a jamais considéré qu’il y avait un art noble déconnecté du quotidien. Il s’est d’ailleurs toujours inspiré de son environnement immédiat et journalier. Ce n’est que plus tardivement, avec le recul, qu’il a sacralisé les marques nostalgiques de son passé. L’exposition contient  des créations inspirées par des thèmes fétiches et récurrents comme les instruments de musique. La guitare,notamment, motif d’identité hispanique, qui a accompagné l’enfance puis la jeunesse bohème de Picasso à Barcelone est à l’origine d’œuvres essentielles comme les collages cubistes. La mandoline est aussi très présente dans l’œuvre de Picasso comme par exemple la Mandoline prêtée à l’exposition par le Musée Picasso-Paris. Le cirque aussi inspire de manière conséquente, le peintre dont l’enthousiasme pour le sujet ne s’éteindra jamais. Les figures de saltimbanques marqueront  notamment, les périodes roses et bleues. Les thèmes du chapiteau de cirque, des masques, des parades populaires et de la bohème sont récurrents et omniprésents dans l’œuvre de l’artiste. L’exposition réserve aussi une large place à la tauromachie (peintures, sculptures, dessins, gravures, céramiques, affiches). Des jouets que l’artiste fabriqua de ses mains pour ses enfants avec des matériaux divers sont aussi présents et très touchants. Une autre passion de Picasso a toujours été la colombophilie. La célèbre colombe, figure emblématique et symbole de la paix de manière universelle en est la conséquence. On peut d’ailleurs admirer cette fameuse colombe, lors de l’exposition.
L’une des plus belles parties l’exposition est, à mon avis, la salle où sont exposées les sculptures d’assemblage, notamment la magnifique sculpture «La Guenon et son petit». J’ai aussi adoré la partie consacrée à l’orfèvrerie, tradition héritée du passé arabo-andalou de l’artisanat espagnol. C’est la rencontre avec l’orfèvre François Hugo qui animait, près d’Aix-en-Provence, un atelier en liaison avec des artistes et des créateurs de mode, qui permit à Picasso de reconstruire un remarquable ensemble de grands plats et de compotiers en argent décorés selon la technique du métal repoussé.
Cette exposition qui mélange chefs d’œuvre et pièces inédites est remarquable et devrait être une exposition qui attirera de nombreux touristes et Marseillais. La mairie a d’ailleurs organisé des visites gratuites, lors d’une nocturne joyeuse et festive qui rassembla des milliers de Marseillais séduits et conquis par le concept.

Catherine Merveilleux