Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Céline Rouzet, la réalisatrice et l’acteur Mathias Legoût Hammond

En attendant la nuit, un film à la fois romantique et fantastique

En attendant la nuit a été projeté au Festival de Venise et au Festival du Film Fantastique de Gérardmer où il a obtenu le Prix du Jury. C’est à la fois un film romantique et un film de genre, qui a pour thème l’histoire d’un adolescent, né différent, qui cherche éperdument sa place dans le monde impitoyable qui le rejette.

En Attendant la nuit : Céleste Brunquelle et Mathias Legoût Hammond

 

Ce film émouvant et profond évoque la violence de la marginalisation et de la stigmatisation systémique de ceux qui sont différents. Il aborde aussi la sauvagerie et de l’hypocrisie du monde conventionnel dit «normal» dont le vernis se fissure, s’écaille et finit par craquer lorsqu’il se trouve confronté à des êtres différents dont la présence dérange. Dans ce monde d’apparences, les masques finissent par tomber…

 

Le synopsis est le suivant : Philémon est un adolescent pas comme les autres : pour survivre, il a besoin de sang humain. Dans la banlieue pavillonnaire un peu trop tranquille où il emménage avec sa famille, il fait tout pour se fondre dans le décor. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de sa voisine Camila et attire l’attention sur eux...

 

En Attendant la nuit : Mathias Legoût Hammond et Céleste Brunquell

 

Catherine Merveilleux : Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de ce film qui est à la fois un film romantique et un film de genre ?

Céline Rouzet : En attendant la nuit est l’histoire d’un garçon qui fait peur aux gens qu’il aime et qui cherche sa place dans un monde qui ne lui ressemble pas. Il est différent. C’est mon premier long métrage de fiction. En 2014, j’ai perdu mon frère. J’étais alors en train de travailler sur mon film documentaire en Papouasie-Nouvelle-Guinée où je racontais l’histoire d’une famille – des Hulis à la marge du monde - qui perd pied. La convergence entre le désarroi de cette famille du bout du monde marginalisée et qui perd pied et la douleur violente éprouvée à la suite de la disparition de mon frère a donné naissance au projet de ce film.fait naître en moi beaucoup de colère. A l’époque, j’éprouvais à la fois beaucoup de colère, un sentiment d’injustice, un sentiment de révolte et d’impuissance. Je voulais à la fois parler du rejet de ceux qui sont différents et de la difficulté d’un adolescent à s’intégrer dans une société qui le stigmatise et qui refuse de le faire.

 

C.M. : Dans votre film, le monde où essaye de s’intégrer la famille de Philémon est un monde conventionnel dit «normal» mais dont le vernis se fissure petit à petit, craque et finit par révéler une violence sous-jacente inouïe.

C.R. : Sous l’apparence lisse d’un monde conventionnel et conformiste se cache, en fait, une grande sauvagerie, une grande violence. Dans la scène du Barbecue, on devine la violence derrière les masques souriants.

 

C.M. : D’où vient cette histoire de vampire ?

C.R. : Mon frère, qui est né différent était hanté par les vampires lorsqu’il était petit. Il imaginait qu’il y avait des vampires dans sa chambre. II était terrorisé. Petit à petit sa terreur s’est métamorphosée en fascination. Il s’est même identifié à eux. Le vampirisme en en quelque sorte une métaphore du handicap et du mal-être de Philémon, un

 

C.M. : Est-ce un film d’horreur?

C.R. : Non, c’est plutôt un film romantique avec des passages à l’acte où Philémon se laisse dépasser par ses pulsions. Le héros aspire à se fondre dans la société, à devenir un ado comme les autres. C’est la société qui le pousse à devenir un vampire. De sa part, ce n’est pas volontaire. C’est un monstre innocent acculé à le devenir malgré tous ses efforts pour s’intégrer dans la norme.

 

Catherine Merveilleux : Le film repose en grande partie dans sa crédibilité sur le personnage de Philémon remarquablement incarné par Mathias Le Goût Hammond. Mathias, comment avez-vous été contacté pour ce rôle et comment l’avez-vous appréhendé ?

Mathias Legoût Hammond : C’est mon agent qui m’a proposé de passer le casting pour ce rôle. Le personnage m’a tout de suite intéressé mais ce sont surtout les note d’intention de Céline Rouzet qui m’ont convaincu. Le personnage est vraiment passionnant. La symbiose avec Céleste Brunnquell qui incarne Camila dont je tombe amoureux dans le film s’est tout de suite faite.

 

C.M. : Et vous, Céline comment avez-vous su que Mathias était votre personnage ?

C.R. : Il s’est imposé à moi comme une évidence. Il était à la fois beau, romantique, avec un côté androgyne et savait montrer un mélange de colère, de violence et de douceur. Céleste Brunnquell est elle-aussi magnifique. Ils sont tous les deux portés par la force de leur désir, par leurs pulsions et par leur soif de transgression. En fait, celle qui désire le plus l’autre est Camila. Sous son apparence sage et angélique de jeune fille de bonne famille, elle est très excitée par la recherche du danger et du plaisir…

 

La musique de Jean-Benoît Dunckel est en parfaite symbiose avec le film. Les membres de la famille Féral sont très émouvants notamment Elodie Bouchez, en mère courage et Jean-Charles Clichet en père impuissant. La petite sœur Lucie Féral interprétée par Laly Mercier est excellente. On comprend bien que c’est une famille épuisée, à bout de souffle et à bout de force qui veut à tout prixet désespérément s’intégrer et rentrer dans la norme.

 

Mathias Legoût Hammond

 

Sortie en salle le : 5 juin
Réalisation : Céline Rouzet
Scénario : Céline Rouzet et William Martin
Casting : Mathias Legoût Hammond, Céleste Brunnquel, Elodie Bouchez, Jean-Charles Clichet


Catherine Merveilleux

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