Le Jour et La Nuit
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Laurent Garnier Off the record, un film à voir

C’est à l’occasion de l’avant-première au cinéma Les Variétés du film Laurent Garnier: Off the record réalisé par Gabin Rivoire que j’ai rencontré Laurent Garnier, devenu l’une des icônes de la musique électronique après en avoir été l’un des pionniers.

 

 

Le film s’intéresse non seulement à la carrière mais aussi aux nombreux engagements de Laurent Garnier, star des platines, qui dans les années 80, après avoir été serveur à l’Ambassade de France, découvrit les clubs de Londres à l’époque où comme il le dit «Nothing is forbidden anymore». Il commença ensuite une carrière de D.J à l’Haçienda, club mythique de Manchester d’où il revint pour faire son service militaire à Versailles et mixer toutes les nuits à Paris avant de reprendre le train pour revêtir l’uniforme. Une année incroyable sans dormir où il était soutenu par sa passion de la musique.

 

 

Interview de Laurent Garnier

 

Catherine Merveilleux : Le film "Laurent Garnier Off the record" sort alors que pendant 18 mois à cause de la crise sanitaire le monde de la Nuit a été stigmatisé, diabolisé. Les mots D.Js, clubs, discothèques sont devenus tabous et lorsque pendant cette période, les institutionnels et les membres du gouvernement ont parlé de la Culture par rapport aux mesures sanitaires, et aux aides, la Nuit n’était même pas prise en considération ou évoquée, sauf comme un cluster potentiel, un agent de propagation du virus. Un an et demi où il était interdit de danser, de s’embrasser, de se prendre dans les bras, de se toucher. Du jamais vu. Ce film aura-t-il un impact sur la manière de réviser cette position et d’intégrer la Techno et la Nuit au monde de la Culture ?

 

Laurent Garnier : Il y a un an, le 26 octobre dernier, j’ai écrit une lettre ouverte à Roselyne Bachelot pour dénoncer le manque flagrant de considération du Ministère de la Culture envers la Nuit et les clubs car lorsque les mesures d’aides au monde de la Culture ont été annoncées pour le secteur de ce qu’elle nomme le spectacle vivant, le monde de la Nuit et des clubs complètement à l’arrêt a été purement et simplement oublié. Les artistes de la Nuit appartiennent-ils au spectacle mort, me suis-je demandé ? Suis-je un artiste mort ? Cela m’a profondément affecté car beaucoup d’intermittents, de D.Js, de serveurs etc …se sont retrouvés sans travail. avec l’interdiction de travailler. J’espère effectivement que le film de Gabin Rivoire fera évoluer les mentalités. J’ai d’ailleurs invité la Ministre de la Culture à la première du film qui aura lieu au Grand Rex le 21 novembre prochain. Viendra -t-elle ? Un adjoint à la mairie de Paris doit venir.

 

C.M. : Le film se termine lorsque vous recevez la Légion d’honneur. La Techno est un genre anti-système. N’est-il pas paradoxal de votre part d’accepter la Légion d’honneur ?  N’est-ce pas entrer dans le système ?

 

L.G. : Lorsque l’on m’a téléphoné pour me dire que j’avais été proposé à cette distinction. J’ai répondu que j’allais réfléchir. J’ai bien réfléchi et je suis arrivé à la conclusion qu’à travers moi cette distinction serait une reconnaissance de la place éminente de la Nuit dans le monde de la création et de la culture. J’ai seulement insisté pour que ce soit Jack Lang qui me la remette. Je pensais naïvement à l’époque que nous avions gagné notre statut et notre ticket d’entrée dans le monde de la Culture. Force est de constater que ce n’est toujours pas le cas. Dans le film de Gabin l’on voit les raves violemment réprimées par les forces de l’ordre comme cela s’est reproduit, lors des fêtes clandestines durant la période du couvre-feu. C’était très violent.

 

C.M. : Pourquoi avez-vous choisi Gabin Rivoire pour réaliser ce documentaire ? Comment s’est passée votre rencontre ?

 

L.G. : Nous nous sommes rencontrés au Yeah ! Festival en 2013 à Lourmarin. C’est un Festival dont je suis co-fondateur. C’est Arthur Durigon qui nous a présentés. Gabin avait été chargé de faire le teaser du Festival et j’ai beaucoup aimé son travail.

 

C.M. : Pourquoi lui dont c’est le premier film ? Vous aviez dû avoir bien des propositions ?

 

L.G. : Effectivement, j’avais eu bien des propositions, mais je ne voulais pas seulement un film qui raconte mon histoire. Je voulais un film qui raconte l’histoire du mouvement techno par la bouche de toutes les légendes de la House et de la Techno qui ont créé le mouvement : Carl Cox, Jeff Mills, Derrick May, Miss Kittin, Richie Hawtin, The Black Madonna etc … Je ne voulais pas d’une biographie chronologique, linaire mais un film qui parle de liberté, d’émotions, un film qui ait du souffle et qui fasse vibrer. Quand j’ai vu son teaser. L’idée a germé. Je l’ai invité à me suivre en tournée d’abord en France puis de New York à Tokyo et de Hong-Kong à Détroit.

 

C.M. : Vous expliquez dans le documentaire et d’autres protagonistes le font aussi très bien l’incroyable sensation qu’un D.J éprouve lorsqu’il se sent en symbiose, en communion avec son public. Un jeune femme D.J parle même d’orgasme . Pouvez-vous nous en dire plus ? Est-ce vraiment orgasmique ?

 

L.G. : C’est très, très fort. Très puissant cette connexion avec le public que l’on fait vibrer, avec qui on est en totale symbiose. On oublie tout. On est déconnecté de tout. Le temps est suspendu. C’est une parenthèse magique. Lorsque l’on ressort à l’air libre et que l’on retrouve les bruits de la vraie vie, on est étonné que la vie ait continué. C’est un moment fantastique.

 

C.M. : Le film commence par une chanson de Sacha Distel «La Belle vie». Est-ce que en tant que D.J vous estimez avoir eu une belle vie ?

 

L.G. : J’ai réalisé mes rêves de gosse. Je suis devenu ce que j’appelle un music lover lorsqu’à l’entrée d’une discothèque j’ai entendu « I feel love» de Dona Summer. Une émotion intense. Un véritable coup de foudre artistique. Plus tard quelqu’un m’a offert une boule à facettes que j’ai mis dans ma chambre de gosse où j’ai écouté en boucle plein de vinyles. Ma passion pour la musique est toujours chronophage. J’écoute tous les jours de nouveaux disques. Depuis, comme le dit Gabin Rivoire, j’ai eu la chance faire danser des milliers de gens du monde entier sous ma boule à facettes. Oui, j’ai une belle vie , c’est une chance de pouvoir vivre de sa passion et j’ai eu raison de croire en mes rêves de gosse. Il faut toujours poursuivre ses rêves.

 

C.M. : La sortie de Laurent Garnier Off the record a été précédée de la sortie d’un vinyle Off the record Thesoundtrack, qui est la bande son du film qui sort sous le label ED Banger records et qui est bien plus qu’une simple compilation en édition limitée ( 2000 exemplaires). Il était en pré-vente, a été très rapidement épuisé et c’est déjà un collector. Le film sera-t-il, quant à lui, programmé en salle ?

 

L.G. : Non, il sortira en coffret Collector Blu-Ray/ DVD le 8 décembre. prochain. En plus du documentaire, il y aura un DVD Live à la salle Pleyel, une soirée très importante dans ma carrière car pour moi c’était un symbole une reconnaissance, intitulé «It’s just Music», un CD audio 4 titres avec la bande originale du film et un livret exclusif de 80 pages.

 

Notre avis : Ce film exceptionnel est une plongée dans l'histoire de la dernière grande révolution musicale de notre époque à travers le prisme de la vie de Laurent Garnier, un des pionniers de la musique Techno. C’est une belle histoire qui raconte comment un petit garçon, fils de forains, entendit pour la première fois «I feel love» de Dona Summer, devint un passionné de musique, un DJ célèbre, puis une légende, avant de devenir Chevalier de la Légion d’honneur et à travers son parcours comment cette culture underground finit par conquérir le monde entier et prit la Place de la Bastille, tout un symbole ! A voir !

Catherine Merveilleux
 

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