Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Eric-Emmanuel Schmitt © Cyril Moreau/Bestimage EXCLUSIF

 

La Traversée des temps, le projet titanesque d’Eric Emmanuel Schmitt

Il y a plus de 30 ans, Eric-Emmanuel Schmitt s’est lancé un défi : raconter 8 000 ans de l’histoire de l’humanité par le prisme du regard de Noam né il y a 8 000 ans dans un village lacustre et qui, devenu immortel, traverse, grâce à ce privilège, les siècles et les générations. Un projet titanesque, pharaonique. Le tome 2, La Traversée des temps. La Porte du ciel est un véritable cliffhanger comme disent les Anglo-saxons, un véritable thriller car dès la première page, le lecteur est pris par le suspense de ce roman palpitant.

Dramaturge, directeur du théâtre Rive gauche, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 48 langues et joué dans plus de 50 pays, Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur prolifique et l’un des plus lus et des plus représentés dans le monde. Il a été élu en janvier 2016 à l’unanimité par ses pairs membre de l’Académie Goncourt. Pendant des années, à l’ombre de ses autres textes, il a travaillé sans relâche à ce projet incroyable, fou, à cette saga de l’humanité.

Dans le tome 1 de la Traversée des temps, l’auteur relatait comment Noam (Noé) s’affronta avec son clan lorsqu’il tomba éperdument amoureux de Noura, femme fascinante d’une sublime beauté, comment il survécut au déluge et comment il devint immortel. Dans ce Tome 2 de la saga, flanqué de son chien Roko, il part à la recherche de Noura enlevée par des hommes armés. Il nous entraîne à sa suite, entre le Tigre et l’Euphrate, en Mésopotamie, Le Pays des eaux douces, berceau des civilisations, une région en pleine mutation où naquirent l’écriture, les sciences, l’architecture, l’astronomie, et où les hommes créèrent l’irrigation des terres, l’agriculture, les premières villes, les routes, les canaux et par extension le commerce. Devenu guérisseur, Noam grâce à Gawan, un mystérieux magicien s’introduit dans tous les milieux, chez les esclaves qu’il soigne, chez la reine Kubaba à Kish, chez le roi le roi Nemrod cruel et sans pitié à Babel. Il rencontre aussi Abraham, le chef des nomades.

Ce deuxième tome intitulé La Porte du ciel est à la fois une quête philosophique et spirituelle, un parcours initiatique et un roman d’aventures épiques où l’on perçoit comment sont nées les trois principales religions monothéistes à travers le personnage d’Abraham, qui rencontre son dieu dans le désert comme Eric Emmanuel Schmitt rencontra le sien dans son récit autobiographique La Nuit de feu.

Cette saga un véritable page-turner car l’auteur a construit l’architecture de cette œuvre en 8 volumes de main de maître. C’est admirablement construit. Dès le prologue qui se passe à notre époque, le lecteur est tenu en haleine car Noam veut empêcher la destruction du monde par des terroristes. Prisonnier, il réussit à échapper à ses geôliers, des survivalistes, qui ont pour objectif d’exterminer la planète en attaquant les centrales nucléaires, en provoquant une pénurie d’électricité, en créant une rupture d’internet pour créer une panique généralisée. Au milieu de ce désordre, il leur suffira d’enchaîner les attentats  pour finir de précipiter la civilisation dans le chaos car ces survivalistes haïssent notre civilisation et notre société et n’ont qu’une idée en tête, la supprimer, afin d’en instaurer une autre dont ils seront les maîtres. Dans sa fuite, Noam traverse  le désert et rejoint   Beyrouth, en  emportant avec lui son ordinateur et  le manuscrit de ses mémoires qu’il continue à rédiger. Son long périple le conduit en Mésopotamie à l’époque du roi Nemrod, de la reine Kubaba (Ishtar) et d’Abraham, père d’Isaac et d’Ismaël.  

L’une des thématiques qui sous-tend l’œuvre est la préservation de la Nature, une Nature naturellement bonne, au sens où Jean-Jacques Rousseau l’entendait. A la question, l’effondrement de La Tour de Babel est-elle une métaphore pour montrer que l’Homme franchit une limite en voulant s’élever au dessus de la nature ? L’auteur répond que oui, La Tour de Babel qui s’effondre est une métaphore de la présomption des hommes, de leur désir de repousser toujours plus loin les limites de la connaissance. Ce ne sont pas les Dieux qui ont fait s’effondrer la Tour de Babel, c’est  l’incompétence des hommes et leur outrecuidance à se croire supérieurs à la Nature et à vouloir la dominer. C’est cette même propension à vouloir dépasser les limites de la Nature qui fit qu’Icare se brûla les ailes à trop vouloir s’approcher le soleil, alors que les ailes fabriquées par ses soins n’étaient pas capables de mener à  terme son ambitieux projet. L’auteur confie que ce sujet fait partie de ses préoccupations car l’Homme, depuis toujours, se croyant un démiurge met en danger les générations futures et leur prépare un univers inquiétant, plein de menaces à retardement à cause du réchauffement climatique, notamment. L’un  des personnages contemporains du tome 2 incarne d'ailleurs, sous un pseudonyme, la jeune Greta Thunberg qu’Eric Emmanuel Schmitt considère comme une alternative crédible et potentielle au désastre programmé si l’on continue à bafouer la Nature. «Je l’ai admirée lorsqu’elle a prononcé son fameux : How dare you ? Je ne comprends pas qu’elle soit diabolisée. Je trouve suspects ceux qui la suspectent d’être une marionnette manipulée. Ce n’est pas parce qu’elle est jeune et femme qu’elle n’est pas capable d’avoir une réflexion intelligente et personnelle. C’est du machisme et de l’anti-jeunisme. De surcroît, je pense qu’elle est diabolisée et discréditée parce qu’elle dénonce ce qui ne doit pas être dénoncé. C’est indéniable, la Nature doit être préservée pour les générations futures.»

 

 

Un livre plein d’érudition au niveau historique, scientifique, religieux, médical, sociologique, philosophique, technique, tout en étant très romanesque. Un travail qui s’appuie sur les recherches récentes des assyriologues et qui revient sur bien des clichés et des préjugés, notamment au niveau de la place des femmes au Néolithique et à l’époque où la civilisation en Mésopotamie était à son apogée.  Les personnage de Noura, l’amoureuse de Noam et de la reine Kukuba inspirée par Ishtar sont des femmes sûres d’elles,  autonomes, déterminées qui assument leur libido et leur pouvoir. «C’est après que cela s’est gâté et qu’elles ont été asservies», estime Eric-Emmanuel Schmitt. « C’est après la sédentarisation et l’assignation des femmes au foyer que tout a changé. »

Un roman où Yuval Noah Harari l’auteur de Sapien croise Alexandre Dumas. Un roman  qui interpelle et qui pose bien des questions existentielles et philosophiques. Des personnages inoubliables auxquels le lecteur s’attachera ou s’identifiera, aussi forts que touchants, notamment la reine Kubaba, un personnage incroyable, irrésistiblement drôle, fantasque qui gouverne cependant avec sagesse et diplomatie et pour qui je l’avoue, j’ai un petit faible.

 

La Traversée des temps

La Porte du ciel.

Editions Albin Michel
Parution Novembre 2021


Catherine Merveilleux


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Elle voulait juste être heureuse, un roman de Géraldine Dalban-Moreynas

 

 

Après l’incroyable succès d’On ne meurt pas d’amour récompensé par le Prix du premier roman en 2019, qui relatait la passion addictive et destructrice entre une femme sur le point de se marier et son nouveau voisin, jeune père de famille, Géraldine Dalban-Moreynas persiste et signe dans la narration des histoires d’amour… malheureuses.

 

 

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Ruptures et conséquences, un roman de Madeleine St John

 

 

 

Nicola vit à Londres dans le quartier de Notting Hill avec Jonathan, la trentaine comme elle, dont elle est très amoureuse. Jusqu'à ce soir fatal où Jonathan lui annonce brutalement que tout est fini entre eux.

 

 

 

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Mardi soir 19h, un roman Feel good de Gilles Legardinier

 

 

Avec Mardi soir 19h, Gilles Legardinier, auteur de nombreux bestsellers signe une comédie romantique pleine d’humour, d’empathie et d’amour. Un livre qui redonne foi en l’humain avec des personnages authentiques et attachants. Un livre qui montre qu’il n’est jamais trop tard pour réagir et se remettre en question.

 

 

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Une élection ordinaire ou Eric Zemmour, président de la République

 

Mai 2016, la France s’apprête à élire son nouveau président. Les partis politiques ont perdu toute crédibilité auprès des Français. Hostile, le peuple n’a plus confiance en ses élus et ne voit plus en eux que des opportunistes qui poursuivent des objectifs personnels et qui n’ont plus aucun idéal, ni aucune vision politique de l’avenir.

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03/06/2015

Un Baiser qui palpite là, comme une petite bête, un roman de Gilles Paris

Le titre du dernier roman de Gilles Paris est inspiré du célèbre poème de Rimbaud, Roman écrit en 1870. En 1870, Rimbaud a 16 ans. C’est un adolescent fugueur en révolte contre l’ordre établi. Dans ce poème, Rimbaud exprime toute l’intensité des émois amoureux lors de l’adolescence. Il commence par cette phrase : On n’est pas sérieux lorsque l’on a dix-sept ans. Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête...On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête.

 

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Le Charme discret des séries, un essai passionnant de Virginie Martin

 

Le Covid et les confinements successifs ont amplifié l’emprise chronophage des séries dans notre vie et sur notre inconscient. Cela a t-il des répercussions sur notre façon d’appréhender le monde ? Quel est l’impact des séries ? Virginie Martin s’est penchée sur ce phénomène et analyse avec pertinence ces questions dans son essai Le Charme discret des séries.

 

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Mourir d’aimer ou l’Affaire Gabrielle Russier

 

 

 

C’est aux éditions Gaussen que Jacques Layani, qui a publié des biographies, des poèmes et des essais dont quatre sur Léo Ferré, vient de publier un livre très émouvant sur l’histoire de Gabrielle Russier, ce professeur de lettres qui est morte d’avoir trop aimer. Le livre s’intitule La Dyane rouge. Vie et mort de Gabrielle Russier.

 

 

 

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Le dernier roman d’Alexandre Jardin, La Plus que vraie

 

 

Dans son précédent roman intitulé Française, Alexandre Jardin, l’un des auteurs les plus lus et les plus aimés en France, décidait de s’ancrer dans la réalité et ses turbulences et de révolutionner le roman social et populaire avec un roman façon Zola, surréaliste et poétique d’une violence inouïe. Allait-il continuer dans cette voie ?

 

 

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Les nouvelles menaces mondiales - La grande pandémie du déni

 

 

Dans son essai, Les nouvelles menaces mondiales - La grande pandémie du déni, Sébastien Boussois met en exergue le fait que la pandémie de Covid 19 fait vaciller et ébranle le mythe d’un Occident fort et intouchable.

 

 

 

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Tout ça pour ça.

Ils voulaient tout changer. Ils ont échoué

 

Le bilan Macron : un constat accablant et consternant.


Un essai passionnant sur l'histoire d'une promesse non tenue. Celle du renouvellement de la classe politique et de ses vieilles pratiques, à l'heure où la crise de la démocratie représentative est à son paroxysme.

 

 

 

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