Le Jour et La Nuit
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Le Gardien de nos frères, un roman de Ariane Bois Heilbronn

C’est à l’invitation de la Wizo dont la présidente est Josette Guigui, qu’Ariane Bois Heilbronn est venue présenter son dernier livre Le Gardien de nos frères, au Centre Fleg, en présence de Madame Anita Mazor, consul d’Israël et de Michèle Teboul, présidente du Crif. Elle a littéralement captivé son public, lors de son exposé passionnant.

Grand reporter au sein du groupe Marie-Claire, spécialisée en sujets de société, critique littéraire pour leMagazine avantages, diplômée de l’Institut d’Etudes politiques, de l’université de N.Y et titulaire d’un DEA d’Histoire, Ariane Bois a déjà écrit trois romans : Et le jour pour eux sera comme la nuit où elle traitait de la tragédie du suicide d’un Jeune homme et de ses répercussions au sein de sa famille. Le Monde d’Hannah où elle rendait hommage à sa mère originaire de Turquie et dont le père et deux autres parents très proches disparurent dans les camps de la mort. Dans Sans oublier, elle relatait comment, après la mort de sa mère, une jeune femme doit pour devenir femme, cesser d’être fille. Dans le Gardien de nos frères, elle aborde le sujet des enfants qui pendant la Seconde Guerre Mondiale furent confiés à des institutions, à des Maisons d’enfants ou qui furent cachés à la campagne dans des fermes.
« Selon un cliché bien ancré dans l’inconscient populaire, les Juifs n’auraient été que des victimes et se seraient laisser mener à l’abattoir sans résister. Rien n’est plus faux. Ils ont résisté vaillamment partout et tout le temps. C’est ce qui aurait fait dire à De Gaulle: j’attendais la France des cathédrales et j’ai vu arriver celle des synagogues. Le rôle de la résistance des Juifs est restée longtemps ignoré. L’urgence était de reconstruire. La France était exsangue et pour les rescapés, l’essentiel était de revivre, de récupérer les appartements dont ils avaient été spoliés, de reconstruire la cellule familiale malgré les disparitions, de se fondre dans la Nation et non de revendiquer des faits d’armes. Et pourtant cette résistance a bel et bien existé et à travers mon héros Simon Mandel, j’ai voulu rendre hommage à ceux qui avaient résisté et à ceux qui avaient accepté une mission de dépisteur. La mission consistait à récupérer les mineurs confiés par leurs parents à des familles, des voisins, des religieux dans des couvents ou des orphelinats ou des mineurs perdus lors d’une rafle.  Certains étant arrivés tout bébés dans les orphelinats ou les maisons d’enfants, il était important, de leur révéler la Vérité, de leur faire savoir d’où ils venaient et de leur faire partager leur héritage spirituel juif. J’ai découvert leur rôle, il y a 3 ans, lors d’un colloque. Le sujet m’a interpelée, émue. Je l’ai trouvé romanesque. Plutôt que d’en faire un sujet historique ou un essai, j’ai préféré en faire un roman afin qu’un plus grand nombre de personnes en prennent connaissance. Les dépisteurs, après la Guerre sillonnaient la France et essayaient de récupérer les enfants confiés par leurs parents à des familles ou des institutions pour enfants, de les faire adopter par des familles juives ou de leur faire retrouver un oncle, une grand mère ou un cousin survivant. Seulement 2500 juifs sur 75 000 sont rentrés des camps de concentration. La deuxième raison qui m’a fait me passionner pour ce sujet est que j’ai écrit une thèse sur la Résistance et la troisième est que j’ai eu un grand oncle pasteur à Vabre dans le Tarn qui était lui même dans le maquis et qui m’a raconté la résistance juive. Après la Guerre, il a été reconnu comme Juste parmi les Justes.
L’histoire est la suivante: Rien ne prédestinait Simon et Léna à se rencontrer. Lui appartenait à la bourgeoisie juive parisienne intégrée qui était persuadée qu’elle n’aurait pas de problèmes et que la France allait les protéger. Elle, est issue d’un milieu  de petits commerçants polonais et a réussi à survivre au Ghetto de Varsovie. La Guerre a anéanti tous leurs espoirs. Elle leur a tout pris. Ils vont chacun de leur côté accepter de rechercher des enfants juifs cachés par leurs parents. Simon parce que son petit frère Elie a disparu. Lena parce qu’elle a besoin de redonner un sens à sa vie.
Une belle histoire d’amour entre deux jeunes révoltés, fougueux, passionnés sur qui a soufflé le vent  et les tumultes de l’histoire. Une belle saga qui fait voyager le lecteur de Paris à Toulouse, d’Israël à N.Y.

Une cérémonie fort émouvante eut lieu à l’occasion de cette rencontre littéraire et des bougies, petites lueurs d’espoir pour notre monde qui sombre dans la Barbarie furent allumées à la mémoire des victimes du génocide nazi.

Le Gardien de nos frères. Un roman d’Ariane Bois. Editions Belfond

Catherine Merveilleux