Le Jour et La Nuit
Le Jour et La Nuit

Prix coup de cœur de la Wizo décerné à Michèle Sarde

C’est au centre Fleg à Marseille que Josette Guigui, présidente de la Wizo et toutes les adhérentes de la Wizo, lors d’une soirée caritative et chaleureuse, ont remis leur prix coup de cœur à Michèle Sarde pour son très beau livre, Revenir du silence, en présence de Bruno Benjamin, président du Crif.

 

 

Universitaire et écrivaine française, née en 1939, Michèle Sarde a enseigné la littérature et la culture française à l’Université de Georgetown à Washington de 1970 à 2001. Elle est actuellement professeur émérite de cette université et réside au Chili et en France.
Elle est à la fois romancière, biographe, essayiste et ardente féministe et a beaucoup écrit sur les Femmes et contre les discriminations, qui leur sont faites depuis la nuit des temps. Dès 1984, son essai Regard sur les Françaises est très remarqué et obtient le Prix de l’Académie française et celui de l’Académie des sciences morales et politiques. Cet essai retrace l’histoire des Femmes du X° au XX° siècle. Son autre essai De l’Alcôve à l’arène paru en 2007 est lui aussi plébiscité et remarqué par le public et la critique. C’est un travail approfondi d’analyse et de synthèse doublé d’interviews de femmes ayant marqué leur époque par leur combat en faveur de l’égalité des Femmes et s’étant investies en Politique. Son œuvre s’enrichit aussi de biographies de qualité, notamment de celle de Colette, intitulée Colette, libre et entravée, couronnée elle aussi par l’Académie française puis d’une très belle biographie de Marguerite Yourcenar intitulée Vous Marguerite Yourcenar. Son roman Le Désir fou paru chez Stock relate une passion dévastatrice. Dans Histoire d’Eurydice pendant la remontée paru au Seuil  en 1981, elle évoque la Guerre d’Algérie et la Shoah. Dans Constance et la cinquantaine, elle relate le passage à la cinquantaine d’un groupe d’amies avec en background le génocide arménien et la dictature militaire au Chili.
Dans son dernier roman, Revenir du silence, couronné par le Prix de la Wizo, elle relate sous une forme romanesque, l’histoire de sa famille, qui pendant des années cacha le lourd secret de ses origines. C’est une très belle saga qui parle de la transmission et la résilience et une analyse intéressante sur des questions existentielles telles que le traumatisme, le déni de ses origines, l’intégration, l’assimilation et la barbarie.
Née en Bretagne à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Michèle Sarde a longtemps tu ses origines et surtout les a longtemps ignorées. À travers le récit tardif de sa maman, Jenny, elle reconstitue le parcours de sa famille, de l'exil de Salonique et de l'installation à Paris, en 1921, à l'assimilation réussie dans la France des années trente. Cependant les persécutions nazies contraignent Jenny et son mari, d’abord confiants et qui vont dans un premier temps se déclarer juifs à la mairie et reviennent avec une étoile jaune, à se cacher et à dissimuler leur identité juive. Jenny luttera alors de toutes ses forces pour survivre et protéger sa fille. Le traumatisme de la barbarie nazie et des horreurs perpétrées perdurera après la guerre et Jenny qui a trop souffert décide de protéger sa fille en lui taisant ses origines juives, en refoulant tous les traumatismes et toutes les réminiscences de cette partie sombre de l’histoire. Le roman nous parle aussi des Sépharades de l'Empire ottoman, qui, chassés d'Espagne par les Rois catholiques, s’installèrent pendant quatre siècles en terre musulmane en conservant leur religion et leur langue. Ce livre autobiographique est le fruit d'une démarche littéraire à la fois ambitieuse et originale car c’est à la fois une enquête approfondie, un témoignage authentique et un roman palpitant, non dénué d’humour qui nous retrace le destin d'une famille prise dans la tourmente de l’histoire car Michèle Sarde aime, déclare t-elle, relater à la fois le Minuscule et le Majuscule, qui sont toujours inextricablement liés. Dans ce roman comme dans la plupart de ses romans, Michèle Sarde nous parle du retour du refoulé. C’est une quête où fiction et réel sont étroitement imbriqués car, explique Michèle Sarde, le choix de faire de cette histoire familiale réelle, un roman permet de l’humaniser, de susciter de l’émotion et de la rendre universelle. Ce roman, conclue t-elle, sera le premier d’une trilogie. Dans le prochain, elle abordera l’histoire de la famille de son père Jacques. Ses lecteurs ont déjà hâte de le lire.

Une saga palpitante qui tient le lecteur en haleine.

Un roman sur la Soah, le traumatisme, le déni de ses origines, sur la résilience et la quête d’identité.

Catherine Merveilleux

 

 

Revenir du silence

Un roman de Michèle Sarde

Aux éditions  Julliard