Le Jour et La Nuit
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Festival «A la belle étoile» avec Francis Huster au Théâtre Silvain

C’est dans l’écrin magique du Théâtre Silvain qu’eurent lieu les deux premières éditions du Festival A la Belle étoile. Jacques Weber ouvrit le bal lors de la première édition avec Le Roman de Monsieur Molière. Il fut suivi par la pièce Love Letters de A.R Gurney remarquablement interprétée par Francis Huster et Christiana Reali.

Séduit par ce lieu à nul autre pareil, Francis Huster a décidé de pérenniser le Festival en organisant une série de trois représentations et de réitérer l’opération plusieurs années consécutives, avec progressivement de plus en plus de représentations au fil des ans. Comédien emblématique du théâtre français, au charisme indéniable, ancien sociétaire de la Comédie française, Francis Huster qui est le parrain du festival est dithyrambique à propos du Festival A la belle étoile qu’il éclaire de sa présence en braquant le feu des projecteurs sur l’événement : « Le théâtre Silvain est un lieu d’exception. C’est un véritable trésor. Ce Festival peut devenir l’équivalent d’un Festival de Cannes ou d’un Festival d’Avignon, tels que le furent ces deux festivals mythiques à leurs débuts. Le Festival d’Avignon tel que le conçut Jean Vilar avait une âme. Je pense que le Festival A la belle étoile peut devenir un grand festival et monter progressivement en puissance. Pour attirer les spectateurs, je pense qu’il faut programmer à la fois des stars et des valeurs montantes du théâtre ainsi que des metteurs en scène de talent comme Ladislas Cholat qui a lui-même fait ses études au lycée Thiers à Marseille. »

La programmation du Festival qui aura lieu les 1, 2, 3 juillet est de qualité. Le premier soir sera joué : Inconnu à cette adresse, une pièce de Kressmann Taylor dans une adaptation de Michèle Levy-Bram dans une mise en scène de Delphine de Malherbe, avec Charles Berling et Bruno Solo. Après deux saisons triomphales, une interprétation magistrale de Gérard Darmon et Dominique Pinon, puis de Thierry Lhermitte et Patrick Timsitt, la pièce arrive au théâtre Silvain. Une pièce non manichéenne, d’une rare profondeur qui pose des questions existentielles sur l’Etre Humain. Le synopsis est le suivant : Deux amis, un Allemand et un Juif américain échangent une correspondance au moment où l’idéologie du Nazisme monte en puissance. Au fil des jours, le ton se durcit entre les deux amis et le spectateur médusé et scotché assiste à la montée de l’idéologie fasciste qui s’immisce entre les deux amis et qui gangrène leur amitié. L’horreur se profile à l’horizon. Qui est le bon ? Qui est le méchant ? Et nous, comme le chante Jean-Jacques Goldman qu’aurions nous fait si nous étions « nés en 17 à Leidenstadt ? »La pièce pose aussi la question cruciale du pardon ou de la vengeance. Une pièce essentielle et forte qui a été récompensée aux Globes de cristal 2013 en tant que meilleure pièce de théâtre . Le deuxième soir, c’est Gainsbourg, poète majeur qui sera à l’affiche. Une lecture à trois voix, en l’occurence de Jane Birkin, Michel Piccoli et Hervé Pierre. A quoi ressemble l’œuvre de Gainsbourg quand on oublie la musique pour ne plus entendre que le frémissement des mots de l’un de nos plus grands poètes français. 60 textes, véritables morceaux d’anthologie de l’œuvre de Gainsbourg seront ainsi lus dans le magnifique théâtre antique en plein air et sous les étoiles. Le 3 juillet, c’est le Joueur d’échecs de Stefan Zweig, dans une adaptation de Eric Emmanuel Schmidt qui clôturera la trilogie du Festival. La pièce sera interprétée par Francis Huster. L’intrigue est la suivante.Fuyant la guerre, Stefan Zweig prend un bateau qui l’emporte en Amérique du sud. Pendant la traversée, une partie d’échecs s’engage entre Csentovic, le champion du monde d’échecs et un mystérieux individu, Monsieur B.Csentovic est une brute lente, cupide, inculte. Monsieur B, à l’inverse est un aristocrate viennois, sensible, raffiné qui vient tout juste d’échapper à la Gestapo. Qui gagnera ? L’intelligence et la culture ou la barbarie ? Une fable palpitante et bouleversante. Une chute abyssale dans les affres de la barbarie et de la folie. Le chef d’œuvre de Stefan Zweig qui se donna la mort avec sa femme Lotte après l’avoir achevé. « La pièce reçut des critiques dithyrambiques en 1942,explique Francis Huster, mais il est malheureusement d’une actualité brûlante face à la montée de l’antisémitisme en France. Ce texte nous parle cruellement et nous interpelle. » Passionné par Stefan Zweig, Francis Huster vient d’écrire un livre très documenté sur cet auteur, qui est toujours aussi plébiscité par les lecteurs. C’est l’un des auteurs les plus lus et les plus traduits dans le monde. Cet ouvrage doit très prochainement sortir en librairie. Auteur prolixe, Francis Huster vient d’ailleurs de faire paraître « La vie, les femmes et nos emmerdes. Drôles de pensées ! » paru chez Passeur éditeur en 2014.
Un festival passionnant qui donne envie.


Catherine Merveilleux

Image du haut :Marc Crousillat, Sabine Bernasconi, Francis Huster, et Marianne Callebout

Image du bas : Francis Huster