Le Jour et La Nuit
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Geneviève Maillet accueille la promo 2018 des élèves avocats

La nouvelle promotion des 186 élèves avocats qui intègrent l’Ecole d’avocats du Sud-Est  dont le parrain est Eric Dupond-Moretti vient être reçue officiellement et solennellement à la Maison de l’Avocat, le vendredi 5 janvier par Madame Geneviève Maillet, Bâtonnier du Barreau de Marseille, en présence de Jean Boudot, président de l’EDA du Sud-Est-CRFPA et de Catherine Dorian, secrétaire de la formation initiale.

 

Jean Boudot, président de l’EDA du Sud-Est-CRFPA, Geneviève Maillet, Bâtonnier du Barreau de Marseille, Catherine Dorian, secrétaire de la formation initiale, Benjamin Ayoun, membre du Conseil de l'ordre

 

Les élèves sont docteurs en Droit ou ont réussi un examen d’entrée dont le niveau d’exigence s’accroît d’année en année. L’examen était pour la première fois national. Ce précieux sésame va leur permettre de poursuivre pendant 18 mois une formation à l’Ecole d’avocats située au 61 Boulevard de la Blancarde. Cette formation sera constituée de cours théoriques pendant 6 mois, d’un stage de 6 mois dans un cabinet d’avocats et d’un PPI de 6 mois dans un secteur du domaine juridique autre qu’un cabinet d’avocats. A l’issue de leur formation, ils passeront le CAPA.
«L’entrée à l’école d’avocats n’est pas une fin en soi, elle n’est que le début du cursus» a expliqué Jean Boudot, Président de l’Ecole. Il a accueilli avec bienveillance, mais néanmoins fermeté les aspirants à la noble profession d’avocat et a insisté sur le soutien et la solidarité dont les nouvelles recrues pourraient bénéficier, tant de la part des avocats que de leurs enseignants et cadres au sein de l’Ecole. Soucieux de leur sécurité, il leur a dispensé de précieux conseils. Il leur a notamment suggéré des possibilités d’hébergement de type Erasmus. Il a spécifié qu’il ferait en sorte de réunir le maximum de conditions pour qu’ils puissent étudier en sécurité et en toute sérénité, mais qu’il serait intransigeant en ce qui concerne l’assiduité. A l’écoute des élèves, il mettra en place une consultation des élèves concernant l’enseignement qui leur est dispensé.

L’Art de la rhétorique aura une large part dans leur formation. Lors d’une plaidoirie lorsqu’ils seront avocats, il sera essentiel pour eux d’être éloquents et persuasifs. Les trois registres de la persuasion définis par Aristote leur seront enseignés : l’Ethos, le Pathos et le Logos leur seront donc transmis et inculqués. L’Ethos est la crédibilité. Lors d’une plaidoirie, il est, en effet, nécessaire pour un avocat de forcer le respect et de démontrer qu’il est une autorité incontestée et compétente sur le sujet qu’il défend. Le Pathos est le moyen qui permet à l’avocat de persuader son auditoire en faisant appel à ses émotions. Il permet à ceux qui l’écoutent de s’identifier à ses arguments et de les intégrer. Le Logos est la logique. C’est la persuasion par le raisonnement, par l’argumentation et la réfutation.
Jean Boudot a expliqué son choix d’Eric Dupond-Moretti comme parrain de la promo 2018 par le fait que, lors du procès Abdelkader Merah, vivement critiqué par l’opinion publique et par certains pseudo-intellectuels, ce brillant avocat a toujours soutenu le droit à tout être humain d’être assisté par un défenseur, lors de son procès. Un homme mis en examen est présumé innocent tant que la justice ne s'est pas prononcée. C’est ce qui constitue la différence entre une société totalitaire et barbare et d'autre part une société démocratique et humaniste.
Jean Boudot a aussi longuement insisté sur la déontologie de la profession d’avocat. Les élèves avocats ont à l’issue de leur accueil reçu leur carte et ont posé pour une photo réunissant les 186 élèves, Geneviève Maillet, Bâtonnier du Barreau de Marseille et Catherine Dorian assistante Formation initiale. L’ordre des avocats était représenté par Maître Benjamin Ayoun.

 

 

Geneviève Maillet, à mi-mandat de son bâtonnat avait tenu à accueillir elle-même « les forces vives de la relève en marche ». Elle a eu des mots très beaux et très émouvants pour leur parler de la noble profession d’avocat qu’elle place au dessus de tout. « Dans notre société tumultueuse où les normes sont en mutation, les morales parfois antagonistes et contradictoires, le Droit seul permet une harmonie. Il permet d’instaurer un équilibre, des normes universelles valables pour chaque citoyen et chaque justiciable quelque soit sa religion, sa communauté, son passé et son vécu et ses aspirations. Le Droit est fédérateur. Il est le ciment d’une société écartelée dont les valeurs se dispersent et l’avocat est la garantie que tout être humain a le droit d’être défendu et que la société n’est ni inique, ni arbitraire. Aujourd’hui tout se télescope et le Droit est le régulateur de tout ce chaos. D’une exigence drastique envers elle-même, Geneviève Maillet, première femme Bâtonnier au Barreau de Marseille a insufflé un souffle fort, visionnaire et novateur au Barreau de Marseille en organisant des événements d’importance comme « Femmes en résistance », en mettant en place l’Incubateur et l’Accès au Droit pour tous. La rentrée de 2018 s’avère résolument tournée vers l’avenir avec la rentrée de l’EDA, l’intégration des nouveaux membres du Conseil de l’ordre. Au deuxième trimestre, Madame le Bâtonnier compte travailler sur la Francophonie avec la projection du film Le Brio à la Criée et au troisième trimestre, elle est déjà en train d’organiser l’événement Sister Bar, un événement international au cours duquel elle recevra le Barreau de Californie le 29 juin. Comme elle l’a dit aux étudiants en préambule à son discours de bienvenue : « Dans la vie, il ne s’agit pas d’être quelqu’un, mais de faire quelque chose. » et cette femme dynamique, intuitive et visionnaire, qui a réussi l’exploit d’être la première femme Bâtonnier au Barreau de Marseille met ses actes en adéquation avec ses paroles et sa mandature déjà très active la première année promet de l’être tout autant la deuxième année.


Catherine Merveilleux